‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 3)Chapitre 62 sur 124 · ORGANISATION DE L EGLISE · texte numérisé non relu

ORGANISATION DE L EGLISE

devait perdre la domination , parce qu'il faut à celle-ci , tout à la fois , durée et persévérance • Quel ascendant pouvait se couserver le bal*on , qui, la Teille, avait pillé le mo-' nastère, et le lendemain, prosterné au pied d'une châsse bénite, demandait pardon aux saintes reliques de ses grandes offenses envers Dieu , et accablait les pieux reclus d'ofirandes, en eiLpiation de ses péchés *? Aussi , au X* siècle^ le pouvoir était tout entier passé aux clercs ; rÉglIse présentait une vaste et complète organisation , agissant dans une même pensée. Elle se divisait' d'abord en clergé territorial, tnonacal et cloîtré. De grandes métropoles embrassaient dans leur juridiction des évéchés suffragans , et chacun de ceux-ci avait une cathédrale et des églises succursales ; les moines appartenaient à une hiérarchie à part, et presque toujours affiranchis du pouvoir del'évéque, ils tenaient leurs droits, leiu^s règles du pape, dont ils reconnaissaient et défendaient la juridiction absolue; mais, évéques, chanoines et religieux cloîtrés, tous étaient

1 Le grand recueil des chartes de firequigoy contient la ooticu de plusieur.s milliecs de donations des barons aux églises , depuis le y ni* siècle jusqu'au XI% t. 1 à it.

PAOPRIÉTÉS. -^ DIXMB DU GLEBGS . 1 9?

animés d'un commua esprit , le triomphe des idéesreligieusesetdes prérogatives de TÉg^se'. Près de la moitié du territoire des Gaules romaines appartenait au clergé des monastères ou des cathédrales , et à chaque métropole « évêché ou presbytère» étaient attachées de riches propriétés bien tenues , qui se transmettaient de génération en génération de clercs , sans qu'il fôàt permis de les aliéner , car il s'agissait de biensen main morte. Chaque église avait dé nombreuses familles de serfs, qui défrichaient ses forêts et labouraient les jardins de Vévêque et des abbés. Par une application des principes du vieux testament et des droits de l'ancien temple, les clercs percevaient la dime en nature sur tous les produits du sol ; pas un castel , pas une maison royale , pas un omn de terre du pauvre serf ou du pastourel , qui ne fût soumis à cette redevance ecclésiastique. A l'approche de toutes les récoltes , les délégués de la cathédrale se rendaient dans les

1 Ea conBultant les écrits des priocipaax pères de l'Église du moyen àge^on lesvoit animés d'une commune pensée, le triomphe et les intérêts des monastères et des clercs. Voyez particulièrement St. Bernard , dans l'édition deMabillon ; a toI. in-fol. Paris , 1694*

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