‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 3)Chapitre 63 sur 124 · CULTE DES RELIQUES ET DES SAINTS · texte numérisé non relu

CULTE DES RELIQUES ET DES SAINTS

champs, et recevaient ladixme du vin , des^ troupeauxyde Thuile sortant du pressoir^du blé foulé j du cidre, des fruits et même des fleurs. A cette influence que donnent la terre et les richesses , venaient se joindre celles des lumières et de l'instruction. Le petit nombre de faits connus, les élémens épars de quelque science défigurée, les traditions de la littérature sacrée ou profane, s'étaient concentrés dans les mains des clercs ; possédant seuls ou presque seuls la faculté de lire ou d'écrire , ils étalent nécessaires dans tous les castels de France; depuis le suzerain jusqu'aux plus petits Tavasseurs , tous avaient leur chapelain pour dresser leurs chartes, réciter, au coin du vaste foyer domestique, le bréviaire ou quelque conte et légende chevaleresque, afin d'égayer les longues soirées d'hiver. On les consultait dans les transactions de famille , pour les mutations de la propriété. Toutes les affaires de la vie privée se mêlaient alors à des idées religieuses : la naissance d'un fils, son admission au noblecorps de la chevalerie , ses voeux de pèlerinage , et jusqu'à sa passion pour sa dame. Les croyances» chrétiennes , au moyen âge , oRraient comme

Page 1