VÉNÉRATION POUR LES MONASTÈRES
un vaste polythéisme dont toutes les divinités étaient en' pei^étuel rapport avec les faibles mortels. Le catalogue de l'église de Clany offre le nombre effrayant de onze mille saints invoqués par la ferveur du peuple*. Sur la vaste surface de la Gaule chrétienne s'élevaient des oratoires ou des églises plus oi moins ornées par la piété. Chacune d'elles était consacrée au culte d'un patron; et si cette église avait le honheur de posséder une sainte relique, le bras ou la mâchoire d'un pieu:c personnage, on accourait en pèlerinage des plus lointaines contrées, on venait ap- }>eler son intervention pour la guérison des maladies ou des infirmités humaines. Dan?
l'antique Rome , les jeunes filles invoquaicnl: Vénus secourable aux amours. La matronne, impatiente dans se^ désirs, sacrifiait le noir bélier pour retenir le jeune homme qui , couronné de fleurs , volait à de nouveaux embrassemens. Dans le moyen âge, une autre supcrstition s'adressait à un autre polythéisme ;
1 Ils forment cinquante-trois volâmes in-fol. des Bollandistes (ils ne sont pas achevés). JVIabillnn a relevé encore quelques omissions dans les j4cta sanci. ordini sanct. Dened'ct.
IQD SESHONB POPULAIRES D«B CLBIIGS.
la Vierge, saiiite Marthe ou sainte Magddatne, étaient alors les divinités secoarables aux amans. On -visitait leurs cellules bénites. Pas de cheralierg, pas de nobles dames qui , en quittant ces réduits sacrés , ne fit dresser quelque charte de donation en blé , vin , ou terres , ne s'obligeât k quelques redevances en l'honnem' de la sainte et dont les clercs profitaient. Sous ce rapport, leur influence était immense sur la population pieuse ; ils s'en servaient pour efirayer l'imagination et alarmer les consciences. Les peintures de l'enfer étaient multipliée» dans les prônes ou les sermons jils les appropriaient à la grossière intelligence des seigneurs et des serfs. C'étaieat sans cesse des images sensibles et mat^ielles d'affreux tourmens , et le pénitent, plein d'effroi, aurait donné ses biens pour échapper à une éternité de souffrance réservée à l'impie '. Puis, osait-on s'écarter des préceptes de l'Église , des comniaodemens qu'elle prescrivait? les foudres n'at-
I Us emplojaieDt même quelque fois Ja Uogue Tiilgaire poor frapper plus Tivemeni Hmagiiialion du peuple. Voj'eirexcelleat dùeoura prttimiDaîre-de M. Daunou, en tSte du XVI° volume £e lliiBtoire lilliraire de Frauce, coDlinuée par t'tnclitDI.