APOGÉE DE LA PUISSANCE PAPALE. 2O
et des religieux reclus. Lorsque le pontife le ti-ouvait convenable , il lançait une bulle pour Opérer une levée de deniers sur les biens du clergé ; presque toujours elle était destinée k une expédition dans l'intérêt de la puissance romaine '. Tantôt elle était d'un -vingtième , tantôt d'un dixième; le pape en faisait son profit, ou lui donnait une application ; quelquefois même , il ta cédait a^ix rois , pour les engager dans quelques entreprises utiles à la suprématie du Saint-Siège. Au pontife appartenait aussi, à cette' époque , le droit de régler la discipline, et de corriger les moeurs du clergé, n disposait des sièges épiscopaux , décidait en dernier ressort , sur tous les cas qui tenaient à la juridiction ecclésiastique ; en toute cause on pouvait appeler au pape, et cette invocation de la toute puissance romaine suspendait les sentences laïques et des cours cléricales. Lorsqu'il envoyait un légat dans une province , tout le pouvoir de la juridiction du clergé régulier se trouvait suspendu; le légat seul convoquait les assemblées , soulevait les
I I^ pape niËme, dispoiut quelque Fois, de lOD proprechel^ dei prébcndeiet des ononicata. EpUt. Innoc. III, t. a, p. x54.
2io8 l'églisb au xi"" siècle.
pôpolations « oommandoit aux princes : c'était le pontife lui-même armé de toutes set Tiolences.
Ainsi , à la fin du XI* sièole la société s'était soumise h ^Église, et FÉglise s^était personnifiée dans le pape. U ne faut donc pas s'étonner de cet immense pouvoir qu'exerçait le pontife dans cette période ; il était dans les opiniQus et dans les mœurs !
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