FRAUDE DU LEGAT
dans la Langue-doc. C'était an de ces cardinaux sans conscience y vendu à la cause de Montfort. 11 parut d'abord favorable à la vieille Vace des seigneurs provençaux '• U les réconcilia tous avec l'église , sans en excepter même le comte de Toulouse * ; mais c'était pour donner le temps à de nombreux pèlerins francs , convoqués par la prédication d'une nouvelle croi* sade , d'arriver dans la terre des hérétiques.
a O pieuse fraude ! ô piété frauduleuse du légat ! B s'écrie dans son enthousiasme Pierre de Yaulx-Cernay, il amusait ainsi les ennemis de la foi, et le comte de Montfort put passer par cet heureux subterfoge dans le Quercj et TAgenois, avec les hommes qui étaient venus de France sous la bannière du vicomte de ChÂteaudun\ Les croisés soumirent ces provinces , et le légat en fit don à Montfort pour les tenir en fief du pape.
Celui-ci reçut Thommage du <x>mté de Ro*
1 Gatel, Mémoiref snr les comtes de Toaloase, p. 3oo et évàr.
a Toutes les Tilles de la Langoe-doc, Toulouse, Narbouae, furent récoacilîéesavec l'Église. L'abjuration des comtes se trouve au trésor des chartes de Toulouse, sac 5, n* 5a.
3 Pierre de Vaulx-Gemaj, ch. 78.
33o CONCILB A MONTPBLLIEB.
des ; le vicouite de Nknet et d'Aide lui oâdft aussi ces deux smgneiiries en toute pro^ priétë.
Rien ne manquait plus à MontficMt qu'use sentence qui, en dëpomllaot le comte de Toulouse et les autres anciens possesseurs de la lianfflie-doc , lui donnerait enfin la pleine et légale domination sur les terres conquises. Le cardinal Hob<»i; de Gourçon, de son propre mouTement , convoqua un concile dont le motif apparent était d'exaimner les questions d'bérésie ' , mais dont k seul objet était de défiérer, selon le droit, la seignemîe du sol au comte de Montfort»
Jjc concile se réunit à Montpellier, H se eomr posait des fu^cbe? é^es de Bombes , Narbonne , Aucb, Bordeauic, auxquels s'étaient joints les évèqucSfles abbés mitrésde cesproTincesecdésiastiques. Lecomte deMontfort aurait biesa désii^entrerdan<laville,mAisl^bourgeoisneYOulurent point le permettre. Gela n'empécba pas que le comte n'eût de fréquentes eonférences arrec les diercs dans lamaiton desiempliwsoùil
1 Baluxe , Condl. Narêmmu* , provme. p. 38 et feq. Pierre de Yanlz-Ceniay, ch. 80.
PRlVIfiÉGlSS DKS BOURGKOI8. 33 1
% était établi , et située en dehors des murs. Enfin jie ooocile prononça. Ses premiera Q0nons avfdent pour objet la réforme des moeurs dérî^ cales dans la Lan^e-doc, raboUtibn des péagesi et particulièrement rextermination des hërétiquef « qu'on devait poursuirre de touteales mani^:^ par les prédications et par le feu ; loraque ces articles ftm^nt arrêtés * les conférences deyînrentplus actives et plus fréquentes entre Simon de Montfort et les prélats , de so^e qu'oB pottVMt dire qu'il était l'Âme du concile, un jour même par fraude et trompant la TÎgilance des bourgeois, on introduisit le comte dans l'assemblée qui se tenait en l'égUse de I^otre-Dame. Lorsque les citoyens l'apprir^it, ils coururent aux armes, entoorèrent le ehosur et voulaient s'emparer du comte pour lui &ire un mauvais parti ; Simon frit obligé de se sauvw par un obemin dérobé, et les bourgeois frpriemc ne purent le joindre. Les prélats se raisen^lèrent ensuite pour statuer sur l'état politique de la Langpe^doc. Le cardinal de Gourçon , entièirement dévoué aux intérêts de Montfort, posa U question en ces tenues : « Je
1 Pierre de VanU-Geroay, <6i</., ch. 80. Bakiie, ibid.