GHAKTE DE LOUIS SUR LES FIEFS D* ANGLETERRE
barons , afin de se réunir avec armes et cbevaux en la ville de Rouen , dans les octaves de Pâques, sous peine de la confiscation de fief, désignée par le nom de Cutvertagii \ Une multitude de chevaliers et nobles homtnes obéi^ rent ; on y voyait plus de douze cents lances sous des bannières à mille couleurs. Le ren« dez-vous définitif fut à Boulogne.
Pour appuyer l'invasion des Français en Angleterre sur des prétextes plus légitimes et plus nationaux que les seules volontés de la cour de Rome y Philippe réveilla les anciennes prétentions de Louis, son fils ^ qui fiiisait valoir, ainsi que nous le verrons plus tard, les droits deBlanchedeCastillesafemme, petite-tiUe de Henri II ; il paraît même que ce fiit entièrement en sa foveur que se fit l'expédition ; voici ce quon trouve dans une charte contemporaine : « Moi Louis, fils aîné dé Philippe, roi de France, promets , si je puis me fidre élire roi d'Angleterre, que je ne recevi'ai l'hommage des vassaux qu'après leur
1 Mathieu Paris, ad ann. iai3. C'est le mot saxon corrompu Tom-Tail. Xe conpaMe ^tait sotunis k la confiscation ée son fief et k une servitude perpétuelle.
l4ô PREPARATIFS DE LA FLOTTE DE FRAHCB*
avoir imposé lesermeM qu'ils ne causeront jamais aucun pi^éjudice ni à mon père ni à «on royaume. Je m'a[igage à ne rien lui deman*der sursa propre «uccession, jusqu'à sa mort, seulement ce qui .me revient de ma défonte mère; je ratifierai les dons que le roi pourra faire des terres conquises, au comte de Flandre pour Fengagi^ à son service ; je ferai aussi sa volonté sur la restitution des fie& du royaume d'Angleterre à ceux qui nous don^ neront secours. Si Jean est pris, ou ses biens et terres seulement, mon p^e eà disposera mnsi qu'il le voudra; il pourra aussi réf^artir tous les êèù qui ne sont pas du /domaine de» )a coit^ ronme. *. » . .
La fiolte feduçaisese composait de dix-sept cents barques,kOu pour me servir deJa poésie olassique de Guillaume-Ie-Breton , ;a elle trouvait à peine assez de place pour voguer ; l'Océan semble trop étroit pour tant de uavtres; les vents du midi manquent de soufEe pour &ire glisser toiles dispersées sur les
ondes ! s embrasser toutes sous
1 Garti s , Traité de pais et d'altiance ,
5« Art. di
CONVOCATION VÉODÂhE EN ANGLETEHaB. l49
un même nombre, tous amiez à ajouter 5i4 bàtknens auic navires de FArgolide que le vent de Fest retint long-temps tbnsTAulide'f lors* qoeNepluneàrritait la marehedes Pelages pour prévenir la chute de la villede Troie <|n'il avait luknènae âevée *. »
De son côté Je roi Jean ne négligeait aucun mojren de défense. 11 écHvait à ses justiders.
c Jean^ roi des* Anglais : au recb des pré^ sentes'^ irous vous entendrez weo les gardes des einif ports ^ afin de faire armer tous les navires qui s'y. trouv^ottet qui pourront porter six chevaux et plus ^Tou^ sommerez le»îniâtres de ces barques de lès faire ràinir à Porttmoulfa montées par db bons umrins , le dimanche après Pâques*.»
U écrivit aussi à tous sds vicomtes : c< Jean, rot des Anglais; sommez ou feites sommer de bonne maiiiâre t^us les 'homines libres qui nous doivaitbbnmla^ iige^ ousonttenkts en^ I v«?s iwus par les' liens de la féodalité, de :se tenir prêts avec leurs armes , chevaux de bataîlie V et de ^se' rassembler à ^Douvres dans les
1 GuiH. le Breton. Chant ix.
a Rymer, fœder. t. i« ad aoo. laii.
t l5o PRÉPARATIFS DE DÉPENSE EK ANGLETERRE.
tolennités dePàques j faites aussi disposer toute» les subsistances nécessaires à l'armée; vouanou» mandepez quel» seront les récalcitrans ^ afin que nous ayons à les punir. Donné au nouveau temple le troisième jour de mars *. »
A la suite de ces convocation» féodales , une multitude de chevaliers, d'hommes d^ai*messe réunirent à Douvres; caria peine honteuse de félonie ou du ca/»e/tfl^^ était aussi prononcée comme en France contre le» retardataires. Des sommes immenses furent levées sur les monastères; on imposa 4O9OOO liv. aux Cisterciens, 100,000 liv. aux autres moines^ Les murmures furent grands.^
Jean choisit parmi cette foulé de Vassaux soixante mille hommes bien armés, bien mon^ tés, avec lesquels il devait attendre la flotte de France. Mais il ne pouv^t compter sur leur fidélité incertaine; ils n'avaient obéi que pour éviter la confiscation ^ et il était à craindre que, lorsque le gonfanon de France approcherait, tous ou presque tous n'abandonnassent leur roi pour passer dans les rangs des envahisseurs.. Alors , par les conseils singuliers de ^évéque de
1 Rynier, tardera, t. i. ad ann- iai>.
JEAir PAIT HOMMAGE A MAHOMET- AL-NESSCR. l5l
Norwîcli «on plus intime ami , ce clerc docile quil Toulait élever au siège suprême de Cantorbéiy , Jean se décida à un hommage féodal capable d*étonner ce siècle pieuse.
D j avait alors une puissance grande et forte, celle des Musulmans. Les Sarrasins d* Afrique, maîtres d'une partie de TEspagne, menaçaient tout le midi de l'Europe, et malgré les croisades chevaleresques contre la domination des Maures, les frontières de la France n'étalent pas même à l'abri de leurs incursions. Mahomet al Nesser (ou le défenseur) , qui avait pris le titre accoutumé d'émir Al-Moumenin, portait la gloire de son nom même dans les états chrétiens. Il était tout à la fois souverain des côtes d'Ahîque et des belles cités moresques d'Es* pagne. On parlait de sa loyauté et de ses prodigieux eicploits dans tous les castels. Jean ne sachant plus à quel saint se vouer , résolut d'invoqiier un tel auxiliaire. 11 confia une mission secrète à Thomas Hardington, Rolffitz-Nicolas chevalier, et à un clerc de Londres nonuné Robert , pour qu'ils eussent à se rendre auprès du prince sarrasin , et dire que s'il voulait secourir le roi anglais et le prendre sous sa
1 53 ENVOYES AUPRÈS DE MâBOMET AL KESSBR.
protection , il lui offrait d^abord tribut e£^«'en- . gageait à le reconnaître pourrion supét^ieur; enfin il s'obligeait à se faille mahométan lui et Févêque de NorwicU , afin de se débarrasser du papq et des maudits çardinauit et légats. ;
Les envoyés, secrets partirent de Londres et se Rendirent à Cprdoue *. Jls furexit introduits dans le palais du prince rnaure. A la première porte, Usr virent des soldats le glaive nu; ils la traversèrent en saluant. Dans la seconde enqeinte, ils trouvèrent.di^g^desfd^uu aspect plus nobl^o Enfin » dans la tt^oisième ,
1 Nous empruntons ce récit extraordinaire à Matbien Palris, le chroniqueur le plus ^act de la vieille hi^tpire nationale d'Angleterre; il déclare le tenir d'un des trois envoyés, à qui Jean avait donné une abbaye comme récompense de son zèle; toutefois j'ai dû vérifier dana les chroniques musulmanes si quelque ohosé pouvait faire doute de l'eiactitude de ce récit; mon savant ami, M» Reinaud m'a communiqué une histoire arabe manuscrite de Maroc, existant à la bibliothèque du roi; on trouve en effet dans cette chronique y qu'à l'époque dont parle Mathieu Paris ^ le prince ^pû régnait sur Maroc et le midi de l'Espagne .s'appelait Mohammed Al^ Nasser-Lidin« Allah (le défenseur de la religion divine), et que dans les années 607, 6o8 , et 609 de l'hégire (laio, laiietiaia 4e J. G. ) il se trouvait en Espagne où il put recevoirl'ambastadc anglaise. C'est le même Ai-Nasser sur lequel les chrétiens gagnèrent la fameuse bataille de Naves de Tolosa , où selon la chronique de 8t.>Denis : «Mohamet senfuimaz et confus à petite compagnie.)} Cardone met cette bataille l'an 607 del'hégire, laiode J.>Cw
ENVOYÉS AUPRÈS D£ MÂttOMET AL IVBSSER^ l53
ils aperçurent une espèce Je Ut, gardé par des guerriers à l'aspect féroce. Sutuir signe «du roi sarrasin , leurs rangs s'ouvrirent, et les eai TOjés , accueillis avec bôanveillanoe ,> exposé* rent l'objet dei^iir oiission, et donnèrent les chartes écrites de la main du roi. Jean,.t}ai fuirent traduites par de^mterprètes. Le^ visage du prince . maure était grave ^ ses traita, no^ blés et doux ; après .un ^ptu de réflexion , il rendit l'écrit royal taux j Anglais, et, leur dit : (c U y a quelques instans que je lisais un livre, d'un sage grec qui fiit chrétien, nommé Paul, doiM^ leS/ paroles et les actes nie plaisent infiniment} mais ce que je. ne p^ux soufirir* eu lui , c'est -que < né ^dams la loi juive , il. ait ainsi abandonné la foi de lies pères, ppiiir e» adopter uneuouvelle.S ft je pense cela d^ votre roi d' Angileterre , qui renqpiç^^t à la celi^ gion dans laquelle il est né , se plie et se ramollit comme la cire. Je sais que le Dieu tout puissant n'ignore rien, et u j'étais né sans reli^on, j'adopterais peut-être celle du Christ. »
«Mais dites-moi « qu'est-^ceque;ce roi.d'An-
1 Unam tameu de ipso mihi displicet, quod in legë stib qui nati» ttat ooii ttctH.' lUth. nuit , id Ml»..' 1 9i 5« ! '*■
l54 liS CLERC ET MAHOMET-AL-KESSER.
gleterre , et quelle est la force et la richesse de son royaume?» Alors le petit derc, le plus rusé des envoyés^ prenant la parole , répondit: « Notre roi est né d'illustres aïeux ; la terre qu'il gouverne est féconde en gras pâturages, en forêts, et en mines; notre nation est puissante et belle. Elle possède les sciences et trois langues; le gallois , le latiu et le français. Instruits dans tous les arts , les Anglais connaissent la mécanique , et spécialement la navigation. Ils ont mérité le titre de rois des insulaires. »
«Ah! ah! dit l'infidèle en souriant; mais je n'aurais jamais pensé que le prince c('ni^ <i beau royaume , qui possède tant de sujets dévoués , voulût descendre jusqu'à changer sa liberté contre un tribut, et qu'il consentit ainsi à devenir malheureux et soumis % d'indépendant et heureux qu'il est aujourd'hui. Il faut qu'il soit malade, quel âge a-t-il ? »
— « Mais cinquante ans ; fort de toute sa personne , il a toutes les conditions pour la fatigue.
— « Ah! je le vois , l'activité de la jeunesse l'abandonne et ses membres se refroidissent.
L'honune de cinquante ans^ commence à mou-
LE CLERC ET MAHOMET AL NESSBR^ lS6
rir, celui de soiicante est tout-à-fait mort. * Après un court silence , le roi sarrasin reprit la parole : a Votre roi n'est plus rien , mais un roitelet s*a£Esiiblissant et vieillissant , je ne ni*in||uiète pas de lui , et il est indigne de s'unir à moi.»
Jetant ensuite des regards courroucés sur les envoyés, il leur dit: « Ne revenez plus en ma présence ; que tos yeux ne voien t jamais ma &ce. L'infamie de votre maître exhale déjà une odeur fétide *. »
Les envoyés se retirèrent en silence , le rouge au visage; mais le Sarrasin ayant remarqué y
le petit clerc qui , tout noir et contrefait , avait an bras plus long que l'autre et les doigts irréguliers 5 la face judaïque, la tonsure et Fhabit clérical , pensa qu'un si vilain homme n'avait pu être choisi que pour sa finesse et son inteUigence , il l'envoya donc chercher de nouveau et l'interrogeant secrètement lui demanda: aTon roia-t-il de bonnes moeurs? a-t-il la force génératrice? a-t-il eu des enfans • ? Si tu mens je n'aurai plus de confiance aux gens
1 lofAmia domini Teitri fœtorem extlat teterimMii.
2 Potens esse in vi ^neritivâ ? Bfath. Paris » ad ann. iai3.
l56 RETOUR DES ENVOYÉS EN ANGLETERRE.
de ton espèce..» Alors Robert, sous le serment de la foi chrétienne, dédara que Jemi d'Angleterre était plutôt un tyoan qu'oo roi , qu'on le considérait comme un oppresieur^cs siens, un protecteur des étrangers^, un li<yi pour set sujets, un agneau pour les Poilbeinns et tou» ceux- qui ne sortaient pas de la race anglaise ; que par sa lâcheté il avait perdu la Nornaanï* die, et d'antres terres de son royaume; qne Jean a.vait très^eu procréé et qfxe ses en&B» étaient iaibles ; enfin qu'il aurait sédnit une ibttle de jfenmies nubiles appartosant à de nobles familles. ), '> . .c(£t pourqaoî, dit alors le roi- «sarrasin, des Anglais permettent-ils que ce misérable règne sur eux ^Àh sont donc efféminés et smriles '? < ^ a^StoBj répondit le petit clerc, maâii'ilsiont tws-patîens jusqu'à ce qu'ils soient poussés à bout. Alors V semblables au Uon ou à l'éléphant qui se sent - blessé, ils secouent le joug de iear oppression;! . .^ i ^ *• fu • * a Je blâme cette faiblesse , répondit leSarra'^ nn^iliaut en finir avec le lâche. »
i Quare permittant miseri Aoglicî talem super s« regoare et domiiiarii Verè efemiiMë soDt^t 8er?il«s. Ibid. -
JBAN RBVlBlfT AU PAPE. vSj
' Cette coBYersation se prolongea long-temps encore 9 puis le roi sarrasin congédia tons lés envoyés, nÉtisil ne fit de présent qu'à Robert. Toi|s trois rerinrcnt en Angl^;erre rendre compte de leur misâon. Jean fut très-mécontent de son résultat ; il comptait beaucoup' ainsi querévéquedeNonrîch, pour avoir des secours du Maurer^sur l'offre qu'ils avaient faite tocu deux dese soumettre à la loi musulmane.
> Ce qu'arait dit le^ clerc rusé ^sur l'esprit du baromiagQd'Angl^eRre était vrai; une révolte générde.'. se préparait sus'tous les points du royaume , et les smxante mille /homntcsd'arme» réunis à Porlsmouth ^'étaientpasi à l'abri de la contagion séditieuse. D'ayant pas véussi auprès de Maliomet^al-Neuier , Jean , de désespoir , se tourna vers le f&pe quHl avait si pro»fondement ofifensé* ) > m.
Le légat Pandolphe n'était point FeiMiemi personnel du prince anglais, qui souvent lui avak' prodigué les livres sterlings i il avouait même pour Jean une véritable affection que les dernières violences envers le clergé n'a* vaieat point entièrement efi&cée« Quelques jours après le retour des envoyés, au moment
l58 JEAN RBYIBNT AU PAPE.
même où le roi était très-disposé à toute espèce de soumission afin de se délivrer de la peur que lui faisaient ses barons, et les Français de Philippe - Auguste , deux templiers se présentèrent à lui : a Seigneur, lui direntils, voilà que nous sommes envoyés par le diacre Pandolphe qui désire avoir une conférence pour le bien du royaume d'Angleterre. Il veut te proposer certaines conditions de paix qui pourront te réconcilier avec l'Église romaine et te rendre la protection de Dieu. —* Je consens, dit Jean , à tout ce que vpus imposerez, que Pandolphe vienne; i> et en efiet il ne tarda point ; le légat et le roi ae virent à Douvres,
<cTu sais, dit le cardinal, que le roi de France a dans la Seine une flotte considérable et qu'il se propose de débarquer çn Angleterre pour exécuter la sentence du pape qui te déclare déchu de la couronne'. Tu sais encore qu'il a auprès de lui tous les évêques et tous les clercs
1 Ecce rez Francorom potentisâmas in ostio Sequaose flamjnis cum innamera navium multitudioe et mazimo milîtam equitum ad hoc spectat... a regno te violenter depellat. Math, Paris, ad ann. iai3.
RÉPARATIONS ENVERS LE CLERGÉ. j5^
que ta as yiolemment expulsés d'Angleterre ; le roi de France se vante d'ailleurs de tenir les chartes de la plupart de tes grands vassaux qui lui jurent féauté ^ pour un temps, ce qui lui donne toute confiance dans son expédition. Consulte -toi donc, examine si dans cette extrémité il n'est pas dans tes intérêts de venir à pénitence et d'apaiser Dieu que tu as offensé. Vois s'il ne conviendrait pas de te mettre sous lu protection du pape. »
En entendant ces paroles JeaU fut troublé; il sentit bien le péril menaçant. Cette flotte du roi de France prête à toucher le rivage d'Angleterre, la trahison des grands possesseurs de fiefs, qui n'attendaient peutêtre qpe ce débarquement pour passer sous les gonfanons fi*ançais , le mécontentement général provoqué par la privation des cérémonies religieuses , tout cda excitait en lui de vives craintes; il prêta une extrême attention aux offres du légat Pandolphe, et à la fin jura sur l'évangile la formule suivante de traité : « Jean , roi d'Angleterre , à tous ceux qui
1 Jactatse, proterea, idem Rex chartas habere omniam ferè angUs magnatum de fidelitate et lubjectioDe. Ibid.
l6o E£fàBATlbN$ CNYEas^ LE GLBtG^.
verront ceé lettres. Fakcms savoir qu'en présence des barons dont les noms suivent, Guillaume, comte de Sarisbury , 'Renaud, comte de Boulogne, Guillaume de Warvick, nous avons sur notre âme et- conscience promis d'observer les conditions ci^après :
« Nous juroné d'obéir aux ordres du pape ou de son l^at en tous les points pour lesquels nous sommes excommuniés. En conséquence nous rendons notre affection et tous leurs privilèges aux vénérabjies hommes : Etienne, arcbevêquedeCantorbéry^Guillaume^ évêque de Londres , Ëustache, évêque d'Ëly, Egldius,' évêque de Heresford , aux prieur et moine» de Ganlorbéry , et à tous les clercs ou Icâques que i9^us avons lésés dans leurs personnes ou dans leur^ biens ; nous les recevons en nos bonnes grâces^4 de tdUe sorte que dans l'avenir nous ne puissions plus leur, porter préjudice^ . aQue si p^rrbasard il était fait quelque vîo* lencepar uouset nos barons aux églises, ce que Dieu nous préserve, nous abandonnerions immédiatement le droit régalien de garde et protection qui appartient à notre couronne ; il passerait au pape.
INFÉODATION DE L'ANGLBXfiRKE AU PAPE. l6t
<£ N0U8 nous obligeons k restituer aux églises tous les privilèges dont elles étaient investies avant l'interdit, et de plus nous payerons comme indemnité huit mille livres sterlings qui seront réparties de la manière suivante : deux mille cinq cents livres pour J'archevêque de Cantorbéry et mille livres pour les bons moines , sept cent cinquante pour l^évêque de Londres ; une même somme pour tous les prélats renvoyés '•»
Cette première charte fat suivie d'une féconde dont le caractère était plus singulier ; elle changeait les rapports religieux- entre le roi et le pontife en de véritables liens féodaux ; Jean 9 en un mot, donnait son royaume au pape qui le lui rendait comme û^(\ charge de service et d'hommages comme entre suzerain et vassal.
a Vous saurez, disait Jean à ses' fidèles, vous saurez que nous avons profondément ofïensé notre sainte mère l'église , et qu il nous sera bien difficile d'attirer sur nous la miséricorde de Dieu ; nous avons donc le désir de nous humilier. C'est pourquoi, sans y être contraint,
1 Rymer fœdera , 1. 1, ad Ann. iai5.