CHAPITRE XXIII
SvtfCBSsiQ» (Te la VXwim» — Héritières da cdmté. -.YiUeatibm. — Prétendans divers à la oMÛn de Jeanne. — Engucrrand de Coucy. — Barons d'Angleterre. — Le comte Ferrand. — Son mariage. — Difficultés pour te faire reeonnaître.— Traité avec Philippe de France, — Alliance de la Flandre et de l'Angleterre. — Expédition du roi contre Ferrand, — Départ de la flotte. — Description des villes de Flandre. La flotte d'Angleterre part de Fortimouth, ^ Destruction d'une g^aùde partie de ^elle de France. —• Lille. — Cassel'Tournay. — Dél^arquement des Anj^ais. — ^ Évacuation de la Flandre.
On ge souvient àei& merveilleux rësidtats <de la croisade contre Constaatinaple. Un ^ouKte de Flandre se revêtit de la pourpre des Xésars. Dans le droit coutumier cette élection ne le priv^ait point de ses iie& de France.
C'est ainsi que l'empereur d'Allemagne possédait des terres d*^^ la JProv^erice et le Dau-
SUCGfiSMON DB FLANDRE. 167
pbiné, sans que sou titre noiiTeaù touchât en rien au patriipoiiie féodaU Le comté de Flandre était donc resté dans les mains de Baudouin, empeteur de (^nstantinople. À sa mort il passa à ses deux filles légitimes , Jeanne etMarie. Ces jeunes damoiselles étaient ainsi les plus riches héritières du royaume de France*.
La Flandre , en efifet, comprenait ces puissantes cités que leur industrie et leur commerce éleyaient au<^dessus de toutes les villes les plus opulentes même du midi des Gaules . Cette riche province était devenue comme une nouvelle Italie, et Anvers semblait la Venise du nord. Quoique les citoyens eussent leur magistrat, leurs élections particulières, cependant ils avaient toujours été dévoués àletir comté, et les homnaes d'armes, les ircherS' des villes , marchaient sous leur bannière féodale, à côté des barons et des dsevaliers possédant fiefs. Les héritières de Flaûdre , Jeanne surtout, Talnée , était vivement recherchée pat* tous Ie«^ ^tiissads seigneurs de la féodalité.
1 iEgicl. de Royc, Annales beljiic.> ad ann. laoa et «uiv. Biicel , Annal, gal-iland., p. 254.
l68 JEUNES HÉRITIÈRES DE FLANDRE.
A la mort de Baudouin , la jeune comtesse était passée sous la garde féodale du roi de France , d'après la coutume que la tutelle des enfans en Ainorité appartenait au suzerain dans l'ordre hiérarchique de la teoure. Philippe voulait donner l'héritière d'un si puissant fief à quelqu'un de ces nobles les plus dévoués , de ces serviteurs de sa race qui pussent neutraliser Timportance féodale de la Flapdre.
Enguerrand III, sire de G>ucy, veuf de Mahaud de Saxe, se mit sur les rangs pour obtenir' la comtesse Jeanne. Le roi lui prêta son appui , et im traité préliminaire fut secrètementi conclu afin d'assurer les rapports respectif de la France et du nouveaiji feudataire»
On arrêta que Philippe accorderait au sire de G)ucy l'aînée des iiéritières de Flandre , pourvu, cep^dant, que le noble sire ob^ tint le consentement du comte de Namur et des autres barons , par des chartes appuyées de leur scel féodal; que si, avant la ^r Saint-Martin suivante , ce consenteiiient n'é-
tait pas acquis^ le roi ne serait plus obligé de tenir sa parole ; le sire de Coucy s'engageait
LE SIRE DE COUCY ET LES VILLES DE FLANDRE. î6g
en outre , si le mariage s'effectuait , à payer au roi cinquante mille livres pari|is9 savoir : trente mille, lorsque la damoiselle lui serait remise entre ses mains , et vingt mille un an après la consommation par corps et chair.
De plus, il devait obtenii* le serment d'allégeance de tous les barons , villes et «communes de Flandre , en feveur du roi , leur suzerain ; que , pour la plus jeune des comtesses, elle ne se marierait qu'avec le consentement et l'autorisation expresse de Philippe , et c'est sur sa dot que le sire de Coucy devait se rembourser des cinquante miDelivrea qu'il avançait; que si le consentement des villes et des barons n'était point acquis, lesr damoiselles resteraient libres d'épouser qui leur serait désigné par le roi \ »
Ce qu'on avait prévu arriva , les cûinmunes de Flandre ne voulurent point entendre parler du sire de Coucy ; elles avaient leilr opinion arrêtée , et les intérêts de leur conunerce appelaient un prince ou un baron anglais , car c'était avec l'AngleteiTC que ces villes étaient principalement en rapport. Toutes
1 Duchesiie, hist. de Guine5,flux piéuv. p. 36o.