‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 4)Chapitre 82 sur 129 · Quod tu, Reginalde · texte numérisé non relu

Quod tu, Reginalde

Appropries tibi eum totA Yiromanne Peroaara , Parisium, Fernande^ tibi conçcdimiis; ....

at^O RÉSOLUTION CONTRE LE GLBRGÊ.

(le Beauvais*; le comte de Sarisbury deviendra «ire de Dreux ; .Gérard de Randeradt aura Château-Landon et le Gàtinais; Courad, sire deDortmund, obtiendrala propriété de Mantes et du Vcxin; la ville de Sens et le fertile territoire de l'Ypnne , tout le pays qui est situé entre Moret et Montargis, appartiendront au sire Hervey , comte de Nevers, Chaque noble chevalier recevra des terres , soit dans les territoires qui doivent m*échpir, soit dans ceux qui reviendront à Jean d'Angleterre, mon idUé. »

Un .bruyant murmure se fit entendre. « Bien dites» Sire empereur,)» s'écria-t-on encore de toutes parts.

(( Ceci n'est pas tout« reprit Othonj quant aux hommes du olei^é et aux moines, que Philippe exalte et protège , il faut nous en débarrasser; il faut les mettre à mort ou les déporter de telle sorte qu'ils ne soi^ent qu'ai irès-petit no^nbre; que leurs ressources soient réduites , et qu'ils ne vivent plus que du produit des of&andes. A leur place, que les chevaliers et les nobles hommes , qui soutien-

1 Hugo

BelTacum 9 Drocas habeat Salabericus héros.

PROJETS d'oTHON CONTRE LES CLERCS. !ï^%

naît la gaerre par les armes, reçoivent les terres cléricales \ Cest ainsi que je me suis conduit dans l'Empire , après mon élection. «Tai promulgué un édit afin que les églises ne possédassent plus que les dimes et les offrandes; quant aux fiefs et aux domaines les clercs doivent nous les abandonner. Lorsqu'ils ont refusé dem'obéir, je les ai privés même de leurs dimes ; j'ajoute de cette manière une loi à celle de Charles-Martel ; il me sera permis d'enchaîner l'avidité des moines par mes décrets, pour qu'ils sachent se contenter des prémices des .champs. N'est-il pas préférable que les chevaliers, les nobles hommes pleins de valeur, possèdent des terres abondantes^ plutôt que ces clercs paresseux nés seulement pour consommer les grains, qui vivent d'oisiveté , et

1 Clenim antem et monachos, quos sic exaltât amatqua

Protegit et Tigili défendit corde Philippus, Aut occidamus, aut deportcmus oportet.

Sic tamen ut paoci maneant, qulbiu arcta facultat Sitsatis, oblatà tantammodô qui «tipe TÎTaot Vtltas et décimas majores miles habeto, Etquibusestenraerespublica, qui populos, qpi Pugoando faciunt in pace quiescereclerum.

fi42 JOIE DES CONFÉDÉRÉS^

ë'adonnent au ^in et anx femmes. La crapule fait gonfler leurs membreé, incessamment engraissés, et charge leur ventre d'un énorme embonpoint'.

9 Le pape m'a fait des remontrances. Je m'en suis moqué. Pour le lui prouver, j'ai saisi Montefiascone, Aquapendente, Bitilia, Viterbe et Civita-Veccbia. S'il me poursuit encore, Je lui prendrai Rome même. »

A ces mots un gros rire contre le St. -Père , éclata parmi la foule. Vieux et jeunes jouissaient, par avance , de l'idée de s'emparer des opulens prieurés de Citeaux et de Clairvaux, et de boir^ dtt boti vin dans les celliersdes ricbesabbayes. Cette confiscation avait plu , à toutëé les époques , aux homines de race germaine; les terres du clergé, bien tenues, bien soignées, faisaient l'envie des châtelains * ; la piété, au lit de la mort, pouvait bien accumuler les largesses surleschassesdes monastères,

1 Qui frustra vivuot, quoram labor omuis in hoc est Ut Bacho Venerique vaceat, quibus inflat obesis Grapula colla toris, oneratque abdomine ventrrs!

2 On se souvenait peut-être encore des grand<'s et bonnes confiscation^ sous Charles-Martel.

PBÉPAKATIPS EN PHâNCB. «34^

tnais rcsprlt de rapine et de pillage dominait pendant la vie , et peu de barons se refiisaienf la confiscation des bonnes prébendes sur les moines leurs voisins.

Pendant que les confédérés se partageaient ainsi le beau royaume de France , et se réjouissaient par avance de s^établir au milieu des diaraps de la Bourgogne et de la Normandie, Philippe- Auguste , prévenu de tous leurs desseins, Êdsait de nouveau publier, en toutes ses cbàtellenies et communes, le ban et Tarrièreban. Dans les périls qui menaçaient le territoire féodal, tous les vassaux étaient tenus de prendre les armes et de répondre à l'appel du suzerain. G)mme les confédérés poursuivaient également le clergé, on lut dans toutes les ëglisei , des admonitions aux archers et bourgeois ' , pour qu ils eussent à se réunir sous les gonfanons de leurs seigneurs ou magistrats^ Les barons demeurés fidèles à Hiilippe savaient qu'ils devaient être dépouillés de leurs terres , au cas où la coalition triom-

1 Exercita magno con^gâtô comitum, baronum , militum et ^mentium , peditnm et eqaitnin , cnm communibûs Tillarum et civitatibus. Mathieu. Par. ad aon. i5ti4.

!a44 RÉUNION DES BARONS DE FRANGE.

pherait, et cette conviction leur avait donné quelque énergie pour la défense du territoirCé

Parmi les Français qui marchaient pour s'opposer à l'invasion ^eimanique par la Flandre, on comptait d'abord le fameux chevalier Des Barres , un des plus fidèles vassaux du roi et le plus vaillant des chevaliers ; Gérardla -Truye et Pierre-le-mau vais-Voisin , inébranlable dans les batailles ; Galon de Montigny, à qui la bannière royale était confiée; Jean , seigneur de Rumigni ; tous ces nobles hommes conduisaient à la guerre environ deux .cents chevaliers de la terre de Champagne*.

Après les Champenois venaient encore quelques centaines de lances , conduites par Mathieu de Montmorency, Jean comte de Beaumont, Etienne comte de Sancerre, Michel seigneur deHarmes, et Hugues Malaunes, tous vaillans paladins, et d'une origine glorieuse.

Ce brillant baronnage, réuni à la cour de Paris, voyait aussi le guerroyant évéque de

1 Nec MontÎDÎanuni

Galonem taceaiD, qui, mente immobilû ut mon»

Vexilkim regale die portaTÎt in illo.

Ibid.

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