‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 4)Chapitre 83 sur 129 · LES (SBYALIEKS DB NORMANDIE · texte numérisé non relu

LES (SBYALIEKS DB NORMANDIE

Beauvais, de race royale; Robert de ChatîUon , évéquede Laon ; Gaucher*, son frère, autrefois comte de Chatillon et aujourd'hui sire de Saint- Paul ; le comte de Ponthicu , Fëpoux de cette malheureuse Alix , sœur de Philippe-Auguste , séduite par le vieux Henri, quelque temps repentante y puis s'adonnant avec abandop , aux jeunes varlets et aux troubadours.

Deux mille suivans d'armes et cinquante chevaliers accompagnaient Thomas , noble héritier de Saint-Valery, sire de Garaaches"; on vantait beaucoup ses richesses et les vastes seigneuries ou son gonfanon de comte était arboré. La Normandie, depuis quelque temps réunie a la couronne, «vait fourni son contingent en cette guerre ; Etienne , seigneur de Longchamps, conduisait soix!ante-dix chevaliers et trois mille servans de famille normande. On voyait , parmi eux , grande foison de nobles hommes, le connétable Thomas de Humet, Raoul Texon, les deux frères Paganel, vaillans comme des lions; Guillaume •

1 Gaucherus , quo oemo alias landatior armb. Ibid.

a Gamachi's domioans, vicosque et plurima sub se

Castra tenens , clams domioatu , clarior orta. Ibui,

a^Ô LE DUC DE BOURGOGinr.

Bacon, Jean de Pradel, Gilbà^t de T Aigle, Guillaume de Mortanart^ Raoul Bigot, Ar- Dould de Gréqui ; tous s'étaient rendus à la sommation du roi , mais leurs mauvsds propos i leurs dires et leurs médisances fusaient voir qu'ils n'avaient pas pour Philippe ^ nouveau duc de Normandie, le même attachement, la même fidélité que pour les rois de leur race, qui long-temps gouvernèrent FAngleterre.

De tous les grands vassaux, Eudes, duc de Bourgogne, seul suivait le roi en personne.

« La crainte et le respect, dit Gudlaume-Ie- Breton, qu'inspirent sa valeur et sa renomaiée se répandent au k>in dans une immense étendue de pays ; il tient sous ses lois les peuples au milieu desquels serpente la rivière du Doubs située au-delà de la Saône , le pays qui s'étend du Bhone jusqu'à Vienne, les habitans de Pontarlier enrichis par une grande quantité de sapins , les citoyens de Langres et des Vosges qui touchent aux frontières de l'Allemagne, tout le territoire dtpuis le pays de France jusqu'aux Alpes. » Le duc de Bourgogne avait levé , pour le service du

FARLEMEHT Â PARIS. 2^J

TOI , plus de huit ceoU lances et trente mille sergens d'armes.

Gauthier de Nemours , Barthélémy deRoye , Guillaume de Garlande, s'étaieut présentés en même temps que le duc de Bourgogne pour défendre le territoire menacé»

Toute cette brillante chevalerie se ixéunit en la cour de Paris afin de délibérer sur la gneirre.^ <c Sire roi , dit le duo de Bourgogne , il est dur de quitter si souvent son pays % ses bons châteaux et sa table d'hiver; mais cette £bis il nous serait plu9 pénible de revemr sans avoir atteint cette race germanique. Amis, que personne ne retourne dans se9 foyers sans avoir combattu. »

Le roi dit : «Je t'approuve , noble Eudes ; que les services militaires de mes barons soimt prolongés pour cette fqis^ ceci ne 9era pas^ . coutume. »

Tous répondirent : « Oui , sire roi^ car il s'agit de défendre nos terres.» Et l'on* résolut de prolonger le ban féodal tant que l'invasion serait menaçante.

Les hérauts d'aimes promulguèrent le jour*

1 Nam , Ucèt à patrift grave sit tam sœpë veoire ,

Plus tameo in patriam sine marte redire ^ravamm-.

:i4d PRÉPARATIFS' DE DÉPART.

du dëpart soos les tentes , et depuis ce moment on se livra aux actes de piété. On visita les monastères , Fabbaye de St.->Dcnis , les châsses, bénites, et comme il s'agissait d'une guerre entreprise pour la défense des dercs aussi bien que pour celle des laïques, les moines confièrent au roi la fameuse Oriflanime que les comtes de Paris , comme aiirocats et protecteurs de Saint-Denis, avaient toujours portée afin de soutenir les droits^ et les terres de Tabbaye au jour où ils étaient menacés» Philippe la reçut de Fabbé .qui Farracba avec quelque peine de dessus la châsse des^ martyrs qu'elle ombrageait.

Le rendez- vous de Farmée de France fiit à Péronne où tous les vaillans hommes se trouvèrent rassemblés le lo juillet. Le !i5 ils étaient . à Tottmay. La m^ns/re ou revuey fut passée * :. on compta cinq mille chevaliers, cinquante mille servans d'armes. Dans cette ville vinrent se réunir aux barons , par suite de la publication de Farrière-ban , les communes et leurs bourgeois.

La première qui s'avandait en tête était la

1 « Le lendemain de la feste de Ste.Magdeleine vint jusqa^à li^ cité de Torney» . Chroniq. de St.-Denis , ad iai4*

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