GENS DES COMMUNES
commune d'AmieDs : la confrérie des gantiers avait fourni dix hommes ; celle des trefileurs d'or , quinze ; les enlumineurs d'images, vingt ; les bouchers, vendeurs dé poisson et pêcheurs à la ligne , vingt - cinq ; ik portaient une même bannière où se voyait peint le chef de saint Martin , leur patron. Puis venaient Beauvais avec ses bourgeois gras et forts , à la mine rebondie; Chartres, qui préférait sa liberté à son évêque; Compiègne, Neva?s, dont les habitans valaient des chevaliers^; Péronne aussi avait fourni son contingent. Les barons hautains riaient sous leurs casques de l'air peu martial de ces vilains habillés de vert ou de gris , sans cotte de mailles, armés dé masses « d'arbalètes, d'arcs et de haches aiguës; mais ils virent bien, au fort de la bataille, qu'il ne fallait pas s'en moquer. Les bons bourgeois frappèrent dru et ferme comme chevaliers expérimenlés*.
L'armée de France campait devant Toumay lorsque les confédérés, étendant leur ligne, débouchèrent par Courtray, Mons et Lille,
1 Duchesne tcripior rerumnormanoTy a publié le rôle dei.pri80D« DÎers faits par les communes et remit aux baillis après la^ bataille de> Boovine ; ils aont nombreux ; nous donnerons ces détails plus tard..
25o RETRAITE DES FRANÇAIS SUR ROUTINE.
iafin de l'euvelopper. Ils étaient si sûrs de leur yictoire qu ils portaient, sur des charriots, des cordes , des lacets , pour conduire enchaînés les principaux baronsde France et le roilui-méme'. Oîtte large manœuvre opérée par trois points difFerens , avec des forces supérieures, décida Philippe à la retraite sur Péronne. « Il est impomble^ dit-il, aux chevaliers, de combattre dan» la position que nous avons choisie ; nos chevaux ue peuvent agir avec dextérité; retourpons vers Péronne ; il est de grandes plaines près de Cambray , derrière le pont de Bonyipç; c'est là où nous livrerons bataille. Le duc de Qqurgogne s'est souvent plaint de la longueur 4e la guerre ^ nous en finirons en un seul jour. » :
La retraite fut ordonnée, et les chevaliers, obéis^nt aux ordres du roi, se retirèrent devant Im masses germaines et anglaisçs qui s'avançaient avec d'autant plus de précipitation qu'elles venaient d'apprendre que l'année de
1 Itoru fit la reine de Portugal (la douairière de Klandre) char' ger quatre charretlée de cordes et les envoya en l'ost après Ferrant pour faire iens à lier François. Chroniq. de St.-Denis, Dm. Brial. t. x\u, p. 4i4) aux notes.
GAEIN EVÊQUB DE SEHLIS. ^Im
France fuyait en dé«ordi'e vers Bouvine.
Othon voulait l'atteindre avant le passage du pont étroit ci] deul chevaux ne pouvaient marcher de front , afin de la détruire avec plus de facilké. ' Ce fiit par le conseil d'Hugues de Boves que les confédéré^ eogagèrent la bataille; Hugues était impatiait de jouir des belles terres qu'on lui avait promi^ dans le partage'.
a Toute cette multitude de barbares inonde les cfimpagnes comme une légion de sauterelles ; ni la fbrét obstruée par les branches de saules verdoyans y ni le marais tout couvert de joncs et de fondrières, ni la terre toute fangeuse et salie de boues et de glaïeuls ne peuvent ra* lentir leur marche *. »
Garin , évéque de Senlis , l'ami le pUis in* time, le confi^^^^^ 1^ pl^^ cher.de PhiUppeS commandait le dernier corps de bataille pour couvrir la retraite des chevaliers de France;
1 La chrouiqae do St.-Denû dit : « Parce que les entrées estaien I étroites et griées. »
i Math. Paris I ad aan. iai4.
ù Gme-l/e^netop, ohasl )u«
4»Frère Tappelons , dit la chronique de St.-Denis, parce qu'il est frère profès de Phôpital et en portait toujours l'habit, » Ibid. p.4o5.