‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 4)Chapitre 85 sur 129 · MA»CH£ DBS CONFÉDÉRÉS · texte numérisé non relu

MA»CH£ DBS CONFÉDÉRÉS

souvent il quittait le corps de ses chevaliers, et grimpant sur les hauteurs , il cherchait à yoir quelle était la marche des confédérés. Tandis que les Fraoçais précipitaient la retraite, leurs bannières flottantes dans les airs, Garin, suivi de quelques hommes « vint jusqu'à Mortagne; désirant apprendre quelques nouvelles , il monta sur un tertre assez élevée et ses regards s'ctendant au loin , il aperçut des forêts de lances convient l'horizon comme autant de points noirs ; il était même impossible de lesem* brasser d'un seul coup d'œil; lescasques, frappés par le soleil, répandaient une vive lumière ^ les flancs des chevaux étaient jaunis par la rouille , le balancement des gonfanons agitait l'air. Alors Garin dit à un des chevaliers qui l'accompagnaient : a Reste ici pour suiyre les mouvemeùs des confédérés ; tandis que je vais prévenir le roi d'arranger les batailles, car il n'a confiance qu'en moi'. »

En effet, l'évêque vint avertir le roi que Fenuemi s'avançait en masse; Philippe manda ^% barons pour requérir quel conseil il fallait suivre. « Mais ils ue ^'accordèrent pas mult à la

\ Alii non crederet ipse. Ihid,

LE RQI $'ARME et PRIE. 253

bataille , et dirent qu'il fallait toujours se retraire, jusqu'à ce qu'on eût passé le pont. » D'ailleurs, dirent-ils, c'est un jour de dimanche, les confédérés n'oseroùt pas violer par une bataille le saint temps du repos , et nous en profiterons pour mettre la ririère entre eux et nous. Cet avis fut adopté par le roi.

Tandis quePhilippe se reposait àl'ombred un frêne*, tout auprès d'une petite chapelle, accourent haletans , deux messagers des barons qui étaient en la bataille d'arrière-garde. a Sire roi , dirent-ils , le vicomte de Melun et les hommes légèrement armés , sont en grand péril ; les confédérés les ont vivement attaqués, le vicomte ne répond pas qu'il puisse résister. ))

A ces mots le roi dit: a Eh bien ! il faut combattre , » et entrant dans la chapelle auprès du frêne, il s'agenouilla. « Voici que le Seigneur me donne ce que je désirais * ; la bataille arrive.

1 Tandis com li rois se reposait aa petit desoz l'ombre d'an fresnè. CliroDiq. de St.-Denis, ibid. t. xyii, p. 4o6.

2 Ecce quod optabam dominas mihi contulit oltrô ; Ecce supra meritum, praeter spem , gratia nobb Sda Dei confert quod yotum praeterit omne.

(GailL-le.Brston y obwt si).

Page 1