LB6 COMMUNES AUPEÈ8 DU ROI. 2&S
Au tentre de la bataille le combat n'arait pas des chaoces égales» Après la dé&ite des gens de Flaodre, les archers des comnaunesetprincipaleuftentlesbourgeois de Corbie, d'Amiens, d'Arras, del^aut^ai^, deCampî^ne, ^coururent en tQUJle bAt^e pour sç, réunir. a^itom* de Toriflaimne de §l|int-Den^ i en ayant d^s cbevaliers du rç%t a}ofs .engpg^s ayec le cqrps . d'arn^ d'OthoD et.de nés Allemand«v<<1^8 conuuunes transpercèrent toutes tes batailleis d^.cbevalier» et se mirent devan^t le roi ♦ à l'encontre d'Qthonetdesesbommes^ 9(mloin de Ten^ig^e royale au cbamp d a^siir et s^% £k*vir;s de lysd'or, <p»e portait en cette joiunée Gallon de Mon ti-? gni, Taillant cbetalier , mais peu riche'. » ,
h0L bonne yplonté dessus des communes ne servit |i ri^n, par ils furent disperses et bientôt le couabat s'engagea? entre les fidèles du roi , et les Allemands bardés de for. Les coups étaient drus et meurtrieTs. Pendant ce tenips une petite troupe de sergensà pied des villesde Flandre, étant, passée derrière Philippe, quelques-uns d entre eux saisirent les parties saillantes de ses cuissards atrçc des crocs de fer ^
X Ghroniq. de Sl.-DeDÎs. Ihid,
206 LE. KOI RBNVBBSÉ AUX P1BDS ET FOULÉ.
c( et le trébuchèrent juste de son cbeyal, et si les grandes armures dont son corps é^it garni ne l'eussent garanti ils l'eussent occis. )^ Quand les chevaliers de France s'aperçurent que leur roi était renversé, Gallon de Môntigni se précipita au-devant de lui pour le garantir, agitant l'étendard royal afin de rendre manifeste à tous le danger auquel le suzerain était exposé. Le comte de Boulogne qui s'était approché du roi pour profiter de sa chute et le tuer^n'osa point porter lamainsursonseigneur. Quoique les confédérés eussent juré avant la bataille de se défaire de leur suzerain, les liens de la fidélité féodale furent as^z puissans pour retenir le bras prêt à firapper \ Le sire de Boulogne se détourna et courut la lance baissée, contre le comte de Dreux. ^ Pierre Tristan et Montîgni débandèrent toui^ l42^ petits traîtres de sergens qui menaçaient lé rôi et l'avaient pris par derrière. » Mais ce qui porta
1 « Begiaaldufl comes Bolonûe, omnibus aliis oinis8Û,.ad ipsum regem in ipso pugoae ioilio pervenit ; sed cùm propè regem esset, dominum sauin^ ut arbitror, leveritos, ab ipso déclina vît, et congressus est cum Uoberto comité Drocarum ^i , non procul à Begc stabat in acie valdë densà. Dm. Brial » hisl. de France^ t. XVII , p. 98. '
LE COMTE DB BOtJLOGlIK. 1267
le plus grand secours, ce fut la subite arrivée de Pierre des Barres j ce preux ^évalier , le successeur des Renaud et des Roland , merveilleux paladins de la cour de Charlemagne , tenait eh ce mcMnent Othon par son haume et a U donnaitgiimds et (ors coups ;. il était quasi au point de l'y prendre , quand Ton commença à crier : aux Barres , aua:
Barres ! pour le secours donner au roi qui estoît abattu; quand le bon chevalier apprit la novelle de la mésaventure, il laissa Othon pour aider le roi , et se faisoit si grand ravage devant lui que l'on i put mener un char à quatre roues tant éparpilloit et abattoit de gens'. »
Lorsqu'il arriva au corps de bataille , Philippe foulé et meurtri était remonté à cheval, et donnait des ordres pour contintxer avec plus d'ardeur la mêlée ; de concert avec le bouillant des Barres , il se précipite sur les^ hommes de pied qui l'entourent, et avec sa terrible flamberge il frappe de tout côté* U se conserve une tradition dans la noble Ëimille d'Estaing, que ce Ait un de leurs ancêtres, Pierre d'Estaing , qui releva le roi gissant sur la pous-
\ Chronîq. de St.-Denî». Ibid.
26S LE COMTE ETB BOULOGNE é h'tff. DE BEAUTMS.
«ièrc, et ijii'tU ddirent à cette antiqae et glo-rieuse origine/ le droit de porter dan« leur» armes des ûemnÊ» de lys saito^mbre en cbamp d'azup\ ^ » •=
Pendlttt ce «Biiifff/d'ëGiMBlttes actions se passaient à Fâîle '|}Ém^he mt ItH^^ëtte; s'était prédpité le cottitie de J|<)«logBe. Tscntôt son bra» était armé d^uîie éoorme lance de Irène, tantôt il maniair le poignard de miséricorde ou sa longue épée^ Faigrette ea fcalcinequi ornait le cimier de son calque relevait sa haute taille. Derrière lui se rangeiit Hugues de Bovcs, , Arnould d'Oudenarde et le comte de Saris-* bury avec les Anglais»
Du côté des Françai» s'avancent pom* s'opposer à cette, troupe vaillante, le redoutable éwéqae de Beauvais* Nous avons vu qu'il existait entré les> comb»ttans une vieille baine : le wre de Boulogne accusait l'évêque dTêtre Taut^ur dq son exil de la cour de France , et celui-ci à son tour appelait Renaud de Boulogne du nom de traître et de |>arjure. Les gen» de Gamaches et de Yîmeux suivaient
1 Origine des privilèges du comte d'Ëstaing. Voyez aussi Daniel, Règne de PhiHppe-Auguitô.
L^BMPERBOE OTHON. 269
rëtendard de l'évêque de Beauvais. 11$ n'étaient pas broyés, mais ils s'étaient montés la tête avec du vin nouveau , et tous jumenl de mourir avec leur comte et leur évêqûe. Quand le ooiïibat commmiça sur ce point, la nuèlée devint si épaisse que Taile gaudié se confondit avec Iç i^orps de bataille ; Otho Otbon promenait sa hache d'arc sait tomber de i^es deux mains si et les cuissards ' j il cherchait le l'appelait de sa voix, et Philip^ s'efforçait de l'atteindre dans le plaii.fort de la bataille ; Guillaume de Longchamp le pré"* cède : sa main armée d'utie longue épée &it un terribleravageparmilesSaxons; maisuahomme de la commune de Gand lui lance son bâton poiniu comme le fer d'une alêne; il traverse cette partiedelavislièrec|ùiest ouverte pour ttaùsmetr tre la lumière et faciliter la respiration f ; blessé à
1 Interea |lex Otho tnanu furibundus utrftque
4o Francos, dam caeca sinit fortana, secuiim Vibrât ; dumque Utoft ster nit > dum Tulnerat illos,
a In cerebrum cara ferram sobulare recepit,
( Incertum cujus dextrft impiDgente), fenestras Per galeae médias , quibus est ocularia nom en, Per quas admitlit ocuiarts popula lumen, etc.
ajO VAILLANCE DO COMTE DE BOULOGNE.
la tête> Guillaume tombe de cheval, et bientôt il est foulé aux pieds des combattans. Le chevaUer des Barres veut venger sa mort, et se jette dans la bataille , là où se déployait Tétendard d'Othon. Pierre de.Mauvoisin , luttait déjà contre l'empereur , qui s'efïbrçait , mais ' tourner la bride de son cbekmommé la Tmie * , l'attaquait té, et voulait transpercer son ;e avec le poignard de miséricorde; mais la pesante armure d'Othon , faite d'une double feuille de fer et de cuir mâché , repoussait les pointes aiguës des épées. Gérard redouble ; et le cheval de l'empereur, levant la tête , reçoit dans l'oreille un des coups destinés à son maitre. L'animal se cabre et roule dans la poussière : Othon désarçonné allait être obligé de se rendre ; mais l'un de ses fidèles, Gérard de Hostmiar arrive en toute faAte, lui donne son coursier, le protège de son corps; et , tandis que l'empereur fuit loin du champ de bataille, Gérard se précipite au-devant du chevalier des Barres et engage avec lui un çom-
1 A sae cognomen non dedignatus habere. Ibitl,
EXPLOITS DE l'ÉVÊQUE DE BËAUVAiS. 27 I
bat à outrance. Cette batâdlle dura jusqu'à Tarriyée des hommes du sire de Saiot-Valery qui entourèrent le petit nombre de cheyal^ers allemands qui résistaient encore. Guillaume-le- Velu, comte de Frise, Conrad le Westphalien, Girard de Renderadt rendirent leurs épées*.
Sur un seul côté de la batail prolongeait encore : c'était là où c comte de Boulogne et les Anglais de Sarisbury. Us avaient affaire i leur, Tévêque deBeauvais ; le bo; une masse d'arme à la main, car il se faisait un scrupule ecclésiastique de tuer les ennemis d'une autre mapière qu'en les assommant sans efibsion de sang ; voilà qu'il se jette sur le comte de Sarisbury^ et d'un coup de masse brise son casque, et lui Êdt mesurer la terre de toute la longueur de son corps *. L'évéque avait auprès de lui un çhAtelain du nom de
1 « Geff comtes avaient été especiament eslas pour Jor grant proëce porce que ils fussent près d*Othon en les bataille por son corps garder». Ghron. de St.-Denis,p. 4io.
3 percnssit in summo vertice , fractâ
Gasside, qu6d stemi tellore coegit eumdem, Corporis et longi signare charactere terram.
GuiU.-le-Bretoti, ch. xi.