GORFS DB SËEOBNS A PIED
Jean , «ire de fiifiydie : « Jean-de*NiYeliet dit-U, enti^alne-moi Sarièbnry; tu diras que c'est toi qui Tas â^appé, car je fais ici une actkm iUidte'; j'ai changé le bâton pastoral contre cette masse. » En disant ces mots, il ta gatenent'contre les Anglais, assomme de droite et de gauche ' , et conti'aint les plus raillans à la fuite. Le sire de Boves lui-même tourne le dos : c'est un preux chevaliet*, mais un peu hâbleur. H avait dit avant le combat , au comte de Bonlogne : « Tu fuiras comme un lièvre timide, pour moi je demeurerai mort ou chargé de fer*; »et cependant c'est lui qui fuit , et le brave comte de Boulogne reste seul ouns la plaine , <f et d'un nouvel art usait en k bataille , car il avait Êtit un double parc de sergens à pied, bien armes , joints et serrés ensemble à la circuité et à la manière d'une roue ; dedans ce cercle il n'y
1 Accusaretur operam ne forte «acerdos ,
CreMÎsse iUicitam. ........
3 6aiUaume-le-Breton dit des Angtait :
qnos crapola donaque Baochi ,
Dulciùs alliciant qaàm duii mqnia martb.
; 3 Tn fngies, aîens , lepas at fbgitÎTas ; ego autem
Aut interfectus aut passua TÎncla manebo.
BERKI^IRS LUTTE DU eOMTB DE BOULOGNE. 275
avait qu'une petite entrée, par laquelle le comte revenait et sortait quand il le voulait V »
Les^hevatiers n'osaient approcher de cette formidable bataille, car presque tous avaient brisé leurs lances, et les hommes de pied qui formaient l'enceinte autour du comte de Boulogne tenaient dansleurs mains de longues piques, et une arme nouvelle tranchante et poignante, placée au bout d'un bâton , dont on fit plus tard la hallebarde. Lorsque Philippe aperçut les vains efforts de la chevalerie, du conseil de l'évêque deSenlis, il fit avancer trois mille sergens armés de lances et leur ordonna de se précipiter sur ce corps d'intrépides combattans ; ils mirent bientôt le désordre dans ces rangs pressés ; le comte de Boulogne demeura seul avec six chevaliers qui ne voulurent point abandonner* leur seigneur- lige; ces nobles ▼aasaux se précipitaient de tous les côtés , et des troupes entières fuyaient surtout devant le redoutable Renaud ; mais un petit sergent à l'esprit subtil ,* nommé Pierre de la Tor-
1 Chronique de Saint-Denis, ibid, , p. ^\i, 1 «Et si n'avait que six chevaliers avec lui qui guerpir ne le volait • Chronique de Saint-Denis , ibid.