MOQUERIES SUR ST. BERNARD
dre la conversion des nouveaux hérétiques. li écrivit au comte de Toulouse pour lui annoncer son dessein. Le pieux abbé a peint avec toute la pompe de son style religieux le triste état de la foi catholique dans la Langue-doc. «On y voit des églises sans peuple, un peuple sans prêtre et le prêtre sans nunmistère ; on ne célèbre pas les fêtes, les chrétiens meurent sans sacremens et on refuse le baptême aux adultes. Un homme qui enseigne detelles erreurs peutil venir de Dieu ! et l’on dit cependant qu il 2 a un grand nombre de serviteurs‘! »
En effet, la prédication de saint Bernard dans la Langue-doc ne fut point heureuse; et quoiqu'il préchât tous les jours publiquement, que les sectateurs avoués de lhérésie ne fussent que de simples ouvriers, des tisserands enfin, 1l ne put persuader personne, et à la fin de sa prédication 1l dut se convaincre qu'un grand nombre de notables habitans professaient en secret les doctrines hérétiques. A Verfeuil *, petite ville à quatre lieues de Toulouse, le défenseur de la foi orthodoxe recut