‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 5)Chapitre 122 sur 336 · RETOUR DES ENYOYÉS EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

RETOUR DES ENYOYÉS EN ANGLETERRE

de ton espèce.» Alors Robert, sous le serment de la foi chrétienne, déclara que Jean d’Angleterre était plutôt un tyran qu'un rei, qu'on le considérait comme un oppresseur des siens, un protecteur des étrangers, un lion pour ses sujets, un agneau pour les Poitevins et tous ceux qui ne sortaient pas de la race anglaise; que par sa lâcheté il avait perdu la Normandie, et d’autres terres de son royaume; que Jean avait très-peu procréé et que ses enfans étaient faibles; enfin qu'il avait séduit une {foule de femmes nubiles appartenant à de nobles familles.

«Et pourquoi, dit alors le roi sarrasin, les Anglais permettent-ils que ce misérable règne sur eux ? 1ls sont donc efféminés et serviles "?

« Non, répondit le petit clerc, mais ils sont

très-patiens jusqu'à ce qu'ils soient poussés à bout. Alors, semblables au lion ou à l'éléphant qui se sent blessé, ils secouent le ;oug de leur oppression 1

« Je blâme cette faiblesse , répondit le Sarra-

sin; il faut en finir avec le lâche. »

2 Quare permittant miseri Anglici talem super se regnare et dominari? Verè efeminati sunt et serviles. Ibid.

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