‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 5)Chapitre 150 sur 336 · TERREUR DES.ANGLAIS. LE · texte numérisé non relu

TERREUR DES.ANGLAIS. LE

se précipitent la lance baïssée. Le duc de Bour-gogne, le vaillant sire des Barres, le prince Lous, fils du roi, tendent la bride à leurs nobles coursiers , et fondent sur la chevalerie anglaise qui fuyait dans toutes les directions. Mais des trappes répandues cà et là dans la campagne , rendaient la marche difficile, et ils ne purent atteindre d’abord qu'un petit nombre d'hommes.

Cependant , la terreur régnait toujours parmi les Anglais, courant pêle et mêle sur le rivage. Îls ne parvinrent pas à se sauver; leurs vaisseaux avaient gagné le large, ce qui fut cause que de riches hommes, des servans d'armes , tombèrent dans les mains des Français *. Le seigueur Gautier de Formescelle et le comte de Boulogne lui-même furent pris tandis qu'ils cherchaient à se sauver ‘sur une fragile Shhipuper |

Mais. voilà qu'au moment où le comte PR sait son épée , quelques - uns de ses parens et de ses amis qui se trouvaient dans le camp

1 Dumque catervatim subeunt navalia, multi

Morte cadunt, multi capiuntur.…

. Guillaume-le-Breton , ehant 1x,

190 LES FRANÇAIS SAUVENT LE SIRE DE BOULOGNE. de France, dirent entre eux : «Or ça qu’allons nous faire? le sire de Boulogne est notre allié, le roi lui en veut; peut-être va-t-1l le jeter au fond de quelque vieille tour; mieux vaut encore le sauver ’.» Vous avez raison, dirent les chevaliers qui étaient réunis ; il faut le déguiser , afin qu'il puisse sortir du camp sans être vu. » On le dépouilla donc de toutes les marques qui auraient pu le faire reconnaître; et, ainsi travesti, on le cacha parmi une troupe de chevaliers; (ce qui mdique que quelques intelligences existaient déjà entre les barons du rot et ceux qui s'étaient alliés avec ses ennemis. } Quand le comte se fut ainsi éloigné, Philippe apprit ce qu'avaient fait ses vassaux ; 11 trouva dans le camp, le cheval de bataille du comte, son bouclier , son casque resplendissantauquelétaient attachées deslames de baleines formant comme deux aigrettes, et

1 Formesellarum dominus Galterus, et ipse Bolonides capitur ; sed caris cognitus idem Cognatisque suis, ipsi qui jure timebant Ne Rex pro culpæ merito jam puniat ipsum Exutus notis insignibus, atque maniplis Immixtus, ne notus item capiatur ab ullo,

Cum damno sinitur multoram liber abire. Ibid.

INVASION EN FLANBRE. 101

il fut facile de reconnaître qu’il était échappé". Le rivage ainsi débarrassé des Anglais, on son-

gea à poursuivre l’expédition contre la Flandre.

Le roi fit assembler les barons, et leur dit :

« Vous savez ce qui nous avait engagé à nous embarquer pour les rivages d’ Angleterre; c'était le zèle pour l’église romaine, le désir d'exécuter les ordres du pape. Le légat Pandolphe a ramené le royaume de Jean à la foi catholique; nous ne pouvons rien entreprendre contre lui, mais la Flandre est ici; nous n'avons plus d'argent, trouvons-en dans ces riches cités. »

«Soit fait ainsi, » dirent les barons à haute voix; et tous brandirent leurs lances.

« Vous savez que j'ai dans la main soixante otages de la ville de Bruges, et autant d'Ipres; eh bien! que ces deux cités payent d’abord ce qu’on nous a enlevé sur la flotte: ; les bourgeois sont opulens, et nous ne les écorchons pas en

1 Cujus equum , cujus clipeum , galeamque nitentem, Balenæ que jubas ceu cornua bina gerentem Cüm jam victores post pugnam in castra redissent Vidit et agnovit Rex atque exercitus omnis, Ibid.

2 Damna carinarum mihi quas, Ferande , tulisti

Brugia restituet…. Ibid.

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