‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 5)Chapitre 151 sur 336 · HUMILIAT{ION DES VILLES DE,FLANDRE · texte numérisé non relu

HUMILIAT{ION DES VILLES DE,FLANDRE

demandant si peu de chose., Quant ‘à ma flotte, je l’abandonne; il est impossible, de la sauver; les Anglais tiennent Ja mer, et nos

matelots ne la connaissant, pas assez, je veux voir mes barques dans l'Océan, aujourd’ hui même, consumées par les flammes. Les bourgeois de Flandre m'en indemniseront encore. »

Tandisquedes tourbillionsdefeuannoncaient la destruction des navires français dans le petit port de Dam, Philippe et seschevaliers se remettaient en route pour dompter les bourgeois. Après deux journées de marche, les barons hissèrent encore une fois leurs gonfanons en face des hautes tours de Gand. Les citoyens, abandonnés de leur comte, se soumirent aux mêmes conditions qu'Ypres et Bruges : un chevalier du nom d’Arnould livra le château d'Oudenarde; « Courtrai qui parle une langue barbare » fit aussi sa soumission au roi.

« À la suite de trois jours de siége seulement, Lille, abaissant sa tête, fut enfin forcée d’ouvrir ses portes. Après l'avoir bien fortifiée, le roi y placa de nombreux chevaliers et des hommes d'armes qui furent commandés par

à Guill. le Breton , ch. 1v.

DÉPART DES BARONS FRANÇAIS. 105 Hugues d’Ath, pour la défendre contre les ennemis du voisinage. Îl était à craindre en effet, qu'après le départ du rot, Fernand ne revint, tout à coup, et que les bourgeois ne recussent avecempressement leur naturel seigneur; Philippe fit élever le plus promptement possible une nouvelle tour daus le bourg voisin nommé Darnel, afin que ses gens pussent y demeurer en sûreté et protéger sa conquête *.

» Paru de Lille, le roi s'empara le quatrième jour de la ville de Douai”, et, l’affranchissant des lois de Fernand, se l’appropria et la soumit à sa domination. Ainsi la Flandre se repentit en recevant un juste châtiment du glaive royal, et reconnut , à ses propres dépens, qu'il n’est pas permis d'ouvrir son sein à des traîtres, expiant ainsi les dons que le roi Jean avait faits au comte. » |

Le système féodal ne permettait pas de longs services militaires. Après la prise de Lille, les barons se dirent entre eux : « Il nous faut retourner dans nos fiefs, voici qu’arrive le temps d'hiver : nous ne pouvons rester sous les armes; car, malgré les royales

1 Ibid. — > Obtinet hinc abiens sub quartâ luce Daacum.

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