HAINE DES CONFÉDÉRÉS
les combats. Nous aurons les communes de Flandre et même tous les seigneurs féodaux mécontens de la France. J'ai des intelligences avec la chevalerie de Philippe, et je puis te répondre qu’elle passera sous nos gonfanons. »
Il ne fallut pas de grands efforts pour persuader à l’empereur Othon l'importance et la nécessité de la guerre contre son plus ancien ennemi. Îl répondit : « Beau comte, comptez sur moi; d'ici à trois mois je serai dans la Flandre à la tête de tous les hommes que je pourrai réunir, et j'en aurai bien cent mille. Le comte s’en retourna fort content.»
Jean était entré avec une commune ardeur dans les mêmes desseins'. Depuis l'hommage de son royaume d'Angleterre au pape, il éprouvait le besoin de secouer le joug humiliant de l’église romaine, et après la confiscation de ses fiefs sur le conunent, tout son désir était d’abaisser la supériorité de Philippe. Celui-ci
1 On trouve dans la grande collection de Rimer : Fedæra, t. 1, de l’année 1208 à 1214 , une multitude de chartes par lesquelles Jean désigne des hommes de confiance qu’il envoye à l’empereur Othon, au comte de Flandre , au comte de Boulogne, ce qui suppose la fréquence des rapports secrets.
208 JEAN ET LE COMTE DE FLANDRE. 5 ne déguisait même plus ses projets d'assurer le. ; trône d'Angleterre à son fils. Nous avons vu que, dans une charte contemporaine, Louiss’obligeait, s’il parvenait à se faire élire roi des Anglais, de n’employer jamais ses hommes que pour le service de son père’, de lui rendre hommage, et de le faire prêter légalement par tous ses vassaux, CC qui supposait un projet positivement arrêté de s'assurer la couronne des Plantagenets. Jean ne déguisait pas, non plus, sa haine contre le pape. Ce nouveau joug qu'évêques, archevêques , moines , faisaient peser sur lui, paraissait insupportable à son esprit capricieux et libertin. Il s'engagea dans la coalition, promettant secours d'hommes et de bons sterlings. | ne Fernand, comte de Flandre, avait des moufs non moins graves. Ses terres avaient été envahies. Philippe menacait de le dépouiller. « La Flandre sera à la France, » avaitcil dit.
1 Voir liv. 22 de cette histoire.
A0 comitissa senex quæ Portigalensis Filia regis, ob hoc solüm regina vocata est.
Gme.-le-Breton , livre x.