‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 5)Chapitre 167 sur 336 · ASSEMBLÉE DES CONFÉDÉRÉS · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉE DES CONFÉDÉRÉS

Une assemblée de confédérés fut réunie à Bruges. On y vit Othon et le comte de Sarisbury représentant Jean d'Augleterre, le comte de Boulogne, Guillequin , comte de Hollande, Henri, duc de Brabant, Thibaut, duc de Lorraine, le comte de Luxembourg, Henri, duc de Limbourg, et Philippe de Courtenay, comte de Namur. A l’empereur et au roi des Anglais s'étaient joints, comme on le voit, presque tous les princes de la Gaule septentrionale et orientale , de ces races germaniques et austrasiennes, dont les mœurs et. les habitudes difiéraient des Francs Neusiriens campés dans les terres occidentales, comme ceux-ci se distinguaient à leur tour des Visigoths des provinces méridionales.

On arrêta qu'il fallait attaquer l'ennemi commun aux deux extrémités, par la Flandre et les provinces au-delà de la Loire. Tandis que Jean d'Angleterre opérerait un débarquement dans les fiefs héréditaires des Plantagenets (lAnjou et le Poitou), les confédérés marclieraient vers le littoral de la Flandre, cernant les terres de France et par le nord et par le midi ; on profitait par ce moyen de la haine naturelle

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à des popuiations également ennemues de la race des barons Neustriens qui possédaient les terres centrales ; on voulait ainsi diviser et perdre la famille trop puissante des Capets.

A cet effet, Othon promit le secours de cent mille hommes d'armes, tous hardis com:

battans ; le comte de Flandre en réunit vingt mille, sans compter les bourgeois de ses communes; Jean d'Angleterre donna sa foi de conduire li-même une armée de quarante mille chevaliers, ou servans dans Anjou, et de Joimdre de plus quatre-vingt dix mille lances aux-alliés dans le Nord. Il promettait en outre des subsides en argent ‘: cent mille sterlings devaient être partagés proportionnellement entre les divers princes ou barons qui prenaient part à la confédération *.

1 Les historiens anglais eux mêmes avouent lPenvoi des subsides, « Johanes misitprinci ibus militiæ qui erant in Flandrià pecuniam magnam nimis, ut regem Francorum inquietarent et terras cum castris, incursione bellica, devastarent. » Matt. Paris. Dm. Brial, hist. de France, t. xvir. p. 712.

2 Guill.-le-Breton, chant x. Voici comment s’exprime à ce su et la chronique de St.-Denis. « Othon l’enpereur dampnez et excomunié que li roi Jean d'Angleterre avait retenu en Soudée contre le roi Philippe assembla son ost en Hainault, en la terre du comte Ferrant; la li envoya le roi Jean à ses despens et à ses gages nobles combattans et chevaliers de grant prouesse. Din, Brial, his:. de

France, t. xvi p. 405.

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