‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 5)Chapitre 204 sur 336 · L'ÉVÊQUE DE SENLIS RANGE LES BATAILLES · texte numérisé non relu

L'ÉVÊQUE DE SENLIS RANGE LES BATAILLES

commodés du soleil dont les rayons frappaient leurs yeux; toutes les manœuvres qu'ils firent afin d'éviter cette position malheureuse pour le combat, n'y purent rien. Le front de l’armée allemande s’étendait environ sur deux mille pas; c'était comme une vaste barre de fer luisant. Au milieu d’un carré de lances très-profond, Othon s'était placé avec l’étendard de l'empire, entouré de faisceaux d'armes, et trainé sur un vaste char. On voyait le dragon enlacé au pal, et l'aigle planant au-dessus *.

Le roi avait confié l’ordre des batailles à l’évêque Garin, plein d'expérience des chosés de la guerre et qui avait fait ses études de Polybe et des anciens. Le guerroyant évêque, quoique à la tête d'une armée moins nombreuse, vit bien qu'il fallait étendre également les ailes pour ne pas se laisser déborder par l’'ennemi*. Le premier front de bataïlle occupa un espace de mille et quarante pas. L’évêque de Senlis s'en était réservé le commandement ; on y voyait le duc de Bourgogne, Matthieu

La

1 Erigit ia carro palum , paloque draconem Implicat, ut possit procul hinc atque inde videri. 2 Chroniq. de St. Denis. Dm. Brial, t. xvu, p. 46.

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