LA BATAILLE S'ENGAGE PAR LES SERGENS
tait : « Sires chevaliers, le champ est grand ; élargissez-vous parmi vos rangs, afin que vos ennemis ne vous enlacent. Arrangez-vous de telle manière que vous puissiez combattre tous ensemble en un même instant et sur une même ligne’. » |
La bataille s'engagea par 150 sergens d’armes à cheval qui fondirent sur les chevaliers allemands et flamands; c'étaient gens de la commune de Soissons * qui montrèrent ainsi une courageuse ardeur. Les nobles hommes de Flandre et de Germanie ne bougèrent pas de leur rang, « car ils eurent grand desdaing de ce qu'ils étaient premièrement attaqués pâr sergens, et non mie par chevaliers. » Ils ne voulaient pas riposter contre les coups de ces sens de menu peuple. Mais quand ils se virent pressés, leurs chevaux blessés, par ces braves bourgeois de Soissons, qui, ne pensant pas qu'il fallüt agir moliement, les renversaient
1 Chroniq. de St.-Denis ibid, .
. 2 ILenvoyaavant G.et L. serjanz à cheval pour commencier la batailles ..... Li serjanz si estaient nés de la vallée de S oïssons, plain de grant prouesse et ne se combattaient pas moins vertueusemnet à pié que à cheval. P. 407 et 408.
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de leurs chevaux avec rudesse et les foulaient aux pieds; alors les Flamands s’ébranlent et chargent les sergens; une fois ces bourgeois dispersés , Eustache de Maquilin , chevalier de Flandre, s’élance dans la plaine poussant ce cri: Mort aux français : ; 1l est suivi d’une multitude de nobles hommes qui viennent provoquer les barons de France.
Michel des Harmes sort des rangs et se précipite contre Eustache qui continuait à crier : Mort aux Français, et lui transperce son boucher; Eustache fond sur son adversaire la lance en arrêt; il attemtle cheval qui, blessé ie mort, se roule sur la terre avec son maître. Alors volent à son secours, Hugues de Malaune , Pierre de Rheims , le comte de Beaumont, le comte de Sancerre, Gaucher de Châullon et Matthieu de Montmorency. Le comte Fernand, accompagné de ses chevaliers de Flandre, court s'opposer à leursrudes coups. Le combat s'engage corps-à-corps; on ne
1 Chroniq. de St.-Denis, Brial,t. xvn, p. 46. 2 Un chevalier dé leurs gens qui estoit nomez Éustaces-Maque= lines, commença à crier à haute voix par grant orgueil : 4 la mort!
à la mort aux Français ! p. 408.
HAUTS FAITS D ARMES. 261 voit que haches d'armes levées se. promenant sur les hauts cimiers! les glaives sont tirés. mais le fer ne peut atteindre les nobles hommes «tant ils ont revêtu leurs corps de mailles de
fer, de pièces de cuir, et de dures armures.» | Michel des Harmes, aidé de ses compagnons, se releva de dessous son cheval horriblement fatigué, et remontant sur un nouveau COUrsier , 1] s'élance encore contre Eustache de Maquilin, 1l le serre dans ses bras vigoureux , lui enlève sôn casque, et après lui avoir découvert le visage et la gorge, il le frappe en disant : « Tu criais mort aux Francais ; eh bien, voilà ce qu'ils envoient *. » Dans cette première mêlée Gauthier de Ghistelle fut fait prisonnier par les chevaliers de France; il avait désarconné Hugues de Malaune, mais celur-ci se raffermissant sur ses étriers, le frappa avec tant de force, qu'il le contraignit de se rendre. Îl y avait aussi un jeune et joyeux chevalier flamand qui allait dans la mêlée eriant à haute voix : Que chacun maintenant
L Mortem quam Francis inclamas accipe, dixit.
Guillaume-le-Breton, Ibid.