‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 5)Chapitre 209 sur 336 · LE COMTE DE SAINT-PAUL · texte numérisé non relu

LE COMTE DE SAINT-PAUL

cipite de plus belle sur les gens de Flandre.

Ce fut une rude bataille. Vous eussiez vu les morceaux de soie attachés au haut des armes pour faire reconnaître chaque chevalier frappés et déchirés en mille lambeaux, par les flèches, les masses, les glaives et les lances. Quant aux hommes, l’un est couchésur le sol, les jambes en l'air, l’autre tombe sur les flancs, un troisième est précipité la tête la première et se remplit de sable les yeux, le nez et la bouche; à peine y a-t1l une place où l’on ne trouve des cadavres étendus où des chevaux expirans', »

Parmi ces combattans le comte de Saini-Paul se faisait remarquer par le plus chevaleresque courage. « Semblabie à l’épervier qui disperse les canards effrayés , » il chasse devant lui tous ceux qu'il rencontre. Epuisé de fatigue, le comte s'était un peu retiré à l'écart des batailles, lorsqu'il apprit qu'un de ses fidèles avait été fait prisonnier par les gens de Fladre; alors, baissant sa lance et embrassant le cou de son bouillant coursier, 1l se précipite

1. Cruribus inversis jacet hic resupinus arenû, : Hic latere obliquo ruit, alter vertice prono

Labitur , atque oculis exhaurit et ore subutram, /bté.

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