‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 5)Chapitre 240 sur 336 · CHARTE DE LA COMTESSE DE FLANDRE · texte numérisé non relu

CHARTE DE LA COMTESSE DE FLANDRE

» Fait auprès des Chinon, an du seigneur 1214, au mois de septembre *, »

Ainsi, la guerre dans le Poitou se trouvaitterminée. [lestmainienantessentielderevenirdans la Flandre , où lecoup décisif de Bouvine venait de détruire la formidable confédération.

Aprèsle retour de Philippe-Auguste à Paris, la comtesse de Flandre, les principaux châtelains s'étaient rendus à la cour du roi pour soliiciter un arrangement quimit un terme à ces terribles hostilités; Philippe recut la comtesse avec douceur : elle était bel'e, jeune encore, et avait long-temps habité la noble cour deFrance, lorsqu'elle était placée sous la royale tutelle. Eile pleura beaucoup, et, àses instantes prières, son suzerain consentit à des conditions exprimées dans ‘une charte que la comtesse adressa à ses hommes de Flandre.

« Moi, comtesse de Flandre et de Hainaut, je fais savoir à tous ceux qui ces présentes verront, que j'ai juré à mon seigneur lillustre roi de France que je lui livrerai, d'ici à ia prochaine fête de tous les saints, Geoffroi, le Hils du duc de Brabant, en personne, et que

x {bid.

CHARTE DE LA COMTESSE DE FLANDRE. 205 je ferai détruire les forteresses de Valenciennes. d'Ypres, d'Oudenarde et de Cassel ; je ne pourrai les reconstruire que d’après sa volonté.

En ce qui touche toutes les autres fortifications des villes de Flandre, elles resteront telles qu'elles sont aujurd'huiet ne pourront être augmentées, si ce n’est de l’avis du roi’.

» Jean de Nigell, châtelain de Bruges, et Seher , châtelain de Gand, et tous les autres hommes du roi, conserveront paisiblement leurs terres; 1l en sera de même de tous ceux qu voudront adhérer à la présente trève.

» Les choses ainsiaccomplies, je me mets dans les mains de Philippe, mon seigneur, qui décidera ce qu'il voudra à l'égard de Ferrand, mon mari, et de tous mes hommes de Flandre et de Hainaut, pour leur rancon et les levées de deniers.

»Le comte de Boulogne n'est point compris daus cet arrangement.

» Fait à Paris, l'an 1214, le vendredi après la fête des apôtres Simon et Jude *.»

1 Neque aliquo modo infortiabuntur, neque aliæ fortericiæ

poterunt fieri,nisi per cjusdem dominiregis beneplacitum hoc fiéret.

2 Balluze T. vus. Miscelan p. 250.

LA

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