COMMENCEMENT DE LA BATAILLE
grandes huées. Simon reprit les rênes de son coursier, et s'écria d’une voix sombre et sévère : « Vous vous moquez de moi maintenant par vos clameurs, mais j'espère avec l'aide de Dieu rire de vous, jusqu'aux portes de Toulouse :.»
Montfort rangea ses Francais en bataille, dans une petite plaine en-dehors de Muret. Il les partagea en trois corps, et se placa à l’arrière - garde pour donner avec force au moment du danger : car, dans ce combat, il s’agissait d'assurer la domination francaisesur la Lanoue-doc, ou de perdre toutes les grandes conquêtes jusqu'ici obtenues.
Les Provencaux délibérèrent sur ce qu'ils avaient à faire. L'avis du comte de Toulouse étoit d'attendre les Francais dans le camp ; ce ne fut point celui de l’ardent roi d'Aragon ; il avait promis à sa noble châtelaine de chasser les oppresseurs dela Provence, etil voulait tenir son dire sans retard ; on adopta ce dernier avis. Deux mille lances de chevalerie sortirent donc du camp; on y laissa tous les gens de pied, composés des bourgeois de Toulouse, et des villes environnantes qui n'étaient pas très-
1 Pierre de Vaulx-Cernay, ibid. . et Guill. de Puy-Laurens, thid.