‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 5)Chapitre 264 sur 336 · HAUTS FAITS D'ARMES DE MONIFORT · texte numérisé non relu

HAUTS FAITS D'ARMES DE MONIFORT

se défendait à outrance, renversait chevaliers et chevaux de droite et de gauche, mais les Français ne lui laissaient aucun répit’. Après plus de deux heures de combat, il succomba atteint de plusieurs coups d’épées. Autour de lui , étaient aussi gisans, les fidèles qui l'avaient défendu jusques à la mort. Alors, le gonfanon d'Aragon s’abaissa, et ce fut un triste signal pour l’armée des Provençaux.

Le comte de Montfort était au plus épais de la mêlée, frappant d’estoc et de taille; 1l venait d’être blessé au. côté droit et son étrier s'était brisé par l'effort qu'il avait fait pour se parer; le comte chancela sur son cheval de bataille; un autre Provencal fond sur lui etie frappe à la tête; mais, sans se déconcerter, Simon lui donne de son gantelet sous le menton, lui brise les dents, puis le jette sur le carreau *. Reprenant toutes ses forces, il refoule devant lui les rangs entiers des Provencaux qui, apprenant la mort de Pierre d’Ara-

1 Le chroniqueur provençal dit que le malheureux roi appelait à tue-tête à son secours. sLoqual Rey,quand a vista lo grand tuaria et desconfiture que l’on fasia de sas gens, il se metut à cridar tant que pogut: Arago, Arago, » chroniq. p. 55.

> Guillaume de Puy-Laurens, ibid.

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