‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 5)Chapitre 265 sur 336 · LES PAUVRES BOURGEOIS DE TOULOUSE · texte numérisé non relu

LES PAUVRES BOURGEOIS DE TOULOUSE

gon, s'étaient mis en pleine déroute. Les comtes de Foix. de Toulouse et de Cominges ne purent arrêter les fuyards et imitèrent leur exemple. li ne restait plus que les bourgeois de Toulouse qui s'étaient mis à couvert dans les retranchemens. Comme ils croyaient à la victoire de leurs seigneurs, ils avaient fait une tentative sur Muret, et repoussé toutes les propositions de soumission et d’arrangement que leur avait envoyéesFoiquet, leurévèque, dontilsnecessaient de se moquer. Lorsqu'ils apprirent que tout était fini pour eux, les pauvres bourgeois se jetèrent dans des barques sur la Garonne, et se sauvèrent en toute hâte vers leur ville. Si l’on en croit Guillaume-le-Breton , Simon ne perdit dans cette bataille, chose presque incroyable! qu’un seul chevalier et huit autres croisés, simples sergens*. Les Provencaux, en y comprenant les citoyens de Toulouse et les gens de pied, eurent quinze à vingt mille hommes tués’.

Ainsi venait de se décider la cause de la

1 Guill.-le-Breton. De gest. Philipp.-Augusti ad ann. 1213. C’est

l’histoire en prose de cet auteur. Dm. Vaissète a mal à propos cité

Rigord, dont la chronique ne va pas jusqu'à cette époque. 2 Note xvu, de Dm. Vaissete, hist. Cu Languedoc, t. 5, Elle est consacrée à la bataille de Muret.

LE TROUBADOUR PERDIGON. 32h

Provence. Tous les castels furent en deuil, car l'esprit national y était porté à son dernier degré d’exaltation., On ne comptait, en effet, dans les rangs du comte de Montfort que deux hommes de la Langue-doc; l’un était le comte Baudoin de Toulouse, frère de Raymond, l’autrele poète Perdigon , qui célébra la victoire des Français. Perdigon était fils d’un pêcheur du bourg de l'Esperou dans le Gévaudan.

Comme :l savait très-bien habler et jouer du violon, il se fit jongleur et ménestrel ; 1l s’attacha d’abord au dawphin d'Auvergne, dont il recut maintes terres et maints offices en fiefs, puis il suivit l'évêque Folquet et l'abbé de Citeaux à Rome pour engager le pape à publier la croisade contre le comte Raymond, et solliciter la destruction de Toulouse, du Quercy, du pays de Béziers et de l’Albigeois : on le vit chanter et même prêcher publiquement cette croisade ; après la bataille de Muret il fit un poème sur la grande victoire des catholiques et la mort du roi Pierre. Les Provencaux furent tellement indignés de cette conduite, que le jongleur tomba dans la com-

1 MSS$. du roi, n° 7698.

LÀ

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