LES MAURES D'ESPAGNE
vives discordes. Jean de Brienne réunit à peine trois cents chevaliers pour le service de la Terre-Sainte’; Philippe-Auguste lui donna quarante mille livres d'argent; 1l en emprunta autant sur ses terres à des Juifs et à des Romains. Avec ce secours 1l ne put tenter que de faibles efforts contre Malek-Adhel, qui avait succédé à la puissance et à la renommée du grand Saladin.
En Espagne, les paladins étaient plus heureux dans leurs batailles contre les Maures. Les Sarrasins avaient fait d'immenses progrès. Des palais embaumés de Cordoue et de Grenade s'était élancée une nombreuse chevalerie ; lAfrique avait envoyé ses plus braves combattans: le roi de Castille menacé fit un appel à tout le baronnage chrétien, tandis que le pape Ïnnocent écrivait aux évêques pour qu'ils exhortassent les fidèles à cette grande et patriotique croisade. Deux mille lances passèrent les Pyrénées avec les écuyers et les archers. Les deux armées se rencontrèrent * dans les plaines
1 Jean de Brienne était fils d’Erard, comte de Brienne, et d’Agnès de Montbelliard.
2 Chronique de St.-Denis, ad ann, 1208.
T, If, 9 À