‹ Histoire de Philippe-Auguste (volume 5)Chapitre 303 sur 336 · FORTUNES MERVEILLEUSES DU MOYEN AGE · texte numérisé non relu

FORTUNES MERVEILLEUSES DU MOYEN AGE

de Navès de Tolosa; là se livra une de ces sanglantes batailles qui décident du sort des empires’. Les Sarrasins furent défaits et perdirent, si l’on en croit les chroniques, plus de deux cent mille combattans.

Ces grands exploits, les revers et les infortunes des colonies chrétiennes, les merveilles de Constantinople et du saint tombeau de Jérusalem, faisaient l’objet de toutes les conversations des cours plénières de Philippe- Auguste. Sur tous les points du monde alors connu se hissait le gonfanon de la chevalerie de

France: dans le vieil empire d'Orient, la Grèce, la Syrie, l'Egypte, l'Espagne, Naples. C'était comme des conquêtes toujours nouvelles ; les dames n'avaient point de répit dans leur joie et dans leurs larmes; chaque jour menait une srande fortune ou une mort inopinée ; les castels passaient à tout moment du deuil au brillant tracas des fêtes, et bien souvent la broderie des damoiselles fut suspendue pour écouter la lecture de la charte d’un simple chevalier devenu roi, ou le récit funèbre du trépas

1 J'ai déjà parlé de cet événement , chap. 22, aux notes,

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glorieux d’un noble baron dans les batailles contre les Grecs ou les Sarrasinois.

Il m'est souvent arrivé de réfléchir sur ces prodigieuses destinées du moyen âge et de les comparer à celles d’une époque toute moderne et gigantesque, où les soldats aussi passaient rois. Tous ces siècles dans lesquels le courage et la force dominent ont plus d’un trait de ressemblance; Îles héros d'Homère, les paladins féodaux, les soïdats de notre grand empire , sont coulés dans un même moule de bronze, et ils ne diffèrent les uns des autres que par les caractères généraux de la civilisation qui les environne et les domine.

Âu milieu de ces distractions de la conquête, le gouvernement féodal n’en occupait pas moins le suzerain et ses nobles vassaux.

Les chartes de cette époque, qui ont pour objet les libertés bourgeoises, sont empreintes de divers caractères; ou elles sont de pures concessions municipales, ou elles établissent un système de féodalité et de défense commune entre les cités, ou enfin elles règlent leur admimistration générale et particulière.

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