DES PAULICIENS.-—LES HENRICIENS
l’évêque d'Avila , Priscilius, répandit en Espagne la doctrme de Manès : les RU prirent de leur chef le nom de Prisciliens *.
La secte des Pauliciens fut encore une branche du manichéisme; elle parut sous Justinien, et fut proscrite par un grand nombre de lois du Digeste et des Basiliques. Les hérétiques, contraints de fuir de leur patrie , se réfugièrent en Bulgarie, et toujours persécutés, se répandirent sur tous les points de la chrétienté. En Italie, les sociétés secrètes de ces anciens Manichéens prirent le nom de Patarini; en Allemagne, celui de Cathare; on leur donna aussi le nom de Bulgares, dont les chroniques ont fait ensuite celui de Bolgre ou Bougre *. |
Des germes de doctrines orteitalcs altérés
par deir passage à travers des idées barbares et
des mythologies locales, étaient donc incon-
1 Mosheim, Hist, ecclesiast. t. 2, p. 176; Gibbon, t. 5, ét Volf de Manich. ant. Manich. ,p. 247.
2 Ducange. Vo. Bulgre , Bulgarii. Murator. , antiq. ital. medi. œvi. 2 vol. p. 15. — Les Bolgres, Bougres et Albigeoïs sont entièrement confondus dans les c :roniques. On trouve dans l’épitaphe d’un vieux baron mort contre les Albigeois :
« Îl mourut contre es Bolgres et les Albigecis,»
PRÉDICATION DE ST. BERNARD. l7
testablement parvenus en occident , et ces doctrines ainsi localisées, nous devons le dire, se retrouvent tout entières dans les sectes des bons-hommes ou Albigeois qui furent l’obiet du drame sanglant que nous devons retracer.
Les premiers symptômes d’hérésie dans la Langue-doc, depuis l’arianisme, remontent à 1147. Un clercdunomdeHenri, originaire d'Italie, enseigna la science de concert avec un autre cierc,; Pierre de Bruys, et tous deux très-lettrés, à Poitiers , Bordeaux, en Dauphiné et en Provence. Dans leurs prédications, écoutées avec passion par le peuple, ils rejetaient une grande partie de l'écriture sainte et tout l’ancien testament ; ils niaient que Dieu eût institué un culte matériel, un sacerdoce visible; ils ne voulaient point d'Église , point de sacremens ; pas plus le baptême que l’eucharistie. Ces deux hérésiarques furent poursuivis par Pierre-le-Vénérable et condamnés au supplice du feu :.
Mais l’hérésie n'en avait pas moins fait d’immenses progrès, si bien qu'à l’instigation du pape Eugène II, sant Bernard quitta sa pieuse solitude de Clairvaux, pour entrepren-
à Mabillon præf. in. S. Bernard, S 6. éd. Analect., t. 3, p. 512. Ts FF. 2