SECOURS DES FRANCS
à son service, les conduisit contre les pèlerins qui arrivaient pour soutenir les croisés. Le comte devint furieux à cette nouvelle, et dit: « Par notre sainte mère l’Église, je ne veux plus avoir affaire avec les hommes de cette maudite langue de Provence ?. » En effet , depuis il ne confia la garde de ses châteaux qu'à des Francs.
De nouveaux chevaliers s’avancaient versCastelnaudary pour délivrer le comte de Montfort assiégé ; ils étaient sous les ordres de Guy de Livry et de Bouchard de Marli; le comte de Foix courut les surprendre afin d'empêcher leur jonction avec les assiégés dans la ville; 1l se porta sur leur route, et au moment où ils s’approchaient, un des paladims de Provence fondit sur eux la lance en arrêt, en s’écriant :« Foix, Foix, Toulouse !: » C'était le cri d'arme du comte‘. Les croisés ne purent ré-
1 Gme du Puy-Laurent, c. 19.
2 Rencontrets ung des dits crosats loquel era un gentilhomme, homme valens o qual donat tal cop de lança que doultre en oultre lo passet et commença à cridar Foix, Foix, Tolosa.
3 Le comte de Foix est un des caractères le plus chevaleresque de cette guerre malheureuse ; le chroniqueur provençal dit de lui :
COMBATS DEVANT CASTELNAUDARY. 1 17 sister à ce premier choc, et se dispersèrent. Montfort voyait des tours de Castelnaudary le combat tourner contre sa cause; plein d’impatience, il sort avec ses chevaliers, des quatre portes principales, et se précipite dans la campagne ; mais il ne fut pas besoin de ce secours; les hommes du comte de Foix, s'étant livrés au pillage au lieu de profiter de leur succès, étaient mis en désordre par les Français de Bouchard de Marli. Montfort ne fit donc qu'assister au triomphe des siens. Après ce triste échec, le comte de Toulouse leva le siège de Castelnaudary ; mais telle était la popularité de sa cause, que sans contrainte , sans effort, toutes les places de lAlbigeois qui avaient reconnu la souveraineté de Montfort, telles que Gaillac, Rabastens, Laguepie, Lagarde, Puicelsi, Cahuzac et St.- Antonin, secouèrent le joug étranger et arborèrent aussi les couleurs de Toulouse.
Les corps des croisés de la race du nord se
« Jamais Rolant n’y Olivié par ung jour non feguens mais faits d’armes qui aquesta comie de Foix; car de força de frapar son espasa se rompet entre sas mans, Col. 43.»
1 Et adonc se sont vengut rendre a el Galhac, Rabasten, fa