‹ Histoire de Philippe-AugusteChapitre 103 sur 248 · LE VŒU DU PAON · texte numérisé non relu

LE VŒU DU PAON

sa lecture. Les dits et les bons mots circulaient. Presque tous les chevaliers faisaient des vœux et juraient sur le paon d'entreprendre quelque périlleuse aventure : «Sire roi , je jure bien sur le paon de pourfendre trois géans en l'honneur de ma dame ; je me mets en sa captivité, disait l'autre ; j'irai en Palestine , comme l'empereur Charles ; je ne coucherai jamais dans mon lit que je n'aie conquis épée enchantée et armes invulnérables '. iLes ménétriers faisaient ensuite entendre leurs chansons et les récits de vieilles prouesses. Puis commençaient les jeux du festin : un grand pâté était servi , rempli de petits oiseaux encore vivans ; à la prière des dames , qui suppliaient pour les pauvres captifs, on ouvrait le pâté , les oiseaux s'envolaient dans la salle ; alors les damoiselles lâchaient leur faucon et leur épervier qui rapportaient les petits passeraux tout tremblans.

Pastés de vifs oiselets ;

Et quand ces pastés brisaient,

Li oiselets partout volaient ;

1 Roman des Vœux du Paon et le retour du Paon. MSS. du roi , 7970, 7689, 7990 et 799a.

ao8 TOURNOIS.

A donc yissiez-Yous faucons, Austour et esmerillons Voler après les oiselets \

Après ces jeux finis, le repas se terminait par des chants et des prières , et les daines et les chevaliers se retiraient daos l'intérieur du manoir.

Pour couronner la fête de sa cour plénière, le roi Philippe annonça qu'un tournois serait célébré ; il fit , en conséquence , dresser des chartes de convocation par son clerc. Ses hommes d'armes, revêtus de pelisses fourrées d'hermine , portant sur leur poitrine les armoiries de France, émaux, cimier et supports, se rendirent dans tous les lieux de ses domaines et vers tous les prud'hommes en chevalerie. Dans chaque château , ils annoncèrent leur mission : le pont-levis se baissa; le nain sonna du cor, et les arbalétriers détendirent leur arme meurtrière. Le seigneur et les demoiselles accueillirent les héraults avec distinction. On publia le lendemain dans la contrée que tel jour le

i Roman de Florè»-de-Blancheflcur. MSS. du roi n° i85o , fond de l'abbaye St.-Germaio* ^

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