BRUITS POPULAIRES
avaient serjeans et chambriers vivant avec eux, en leurs os tels, qu'ils feraient judaïser. Ils traitaient vilainement les ornemens des églises qu'ils tenaient en gage pour la nécessité du peuple, comme texte d'or et calice , chapes et chasubles et maints autres garnimens ; si vilainement les tenaient en la honte de sainte Eglise qu'ils fesaiçnt soupe au vin à leurs petits filleul* en calices. Ils en avaient à Paris plusieursfgurnimens d'autel, comme croix d'or et pierrea précieuses; toutes ces choses étaient mises en tas dans leurs maisons , sans égard pour leur sainteté* »
Des bruits populaires répandaient aussi l'opinion que les Juifs, pleins de haine et de cruauté contre les chrétiens , immolaient à certaines époques de l'année et particulier ementdans leur Pâques, des enfans qu'ils mettaient en croix et perçaient d'une lance, en commémoration de la passion du Christ. Des ûqages presque contemporaines représentent une de ces réunions mystérieuses de Juifs. Des rabbins, à l'aspect horrible, déchirent avec de petits couteaux le sein de leur victime , et ré-
i Chronique de Saint-Denis , 1181.