LES BRETONS
Ni la valeur dans les combats où les vilains servaient comme archers , ni les richesses acquises dans le commerce , ne pouvaient effacer les traits dislinctifsd une origine différente ; les chroniques n'offrent que quelques exemples épars de l'élévation au gouvernement des comtés ou à la possession de fief d'un homme de race rustique * , c'est-à-dire de la famille du sol. Ainsi la nation conquérante semblait conserver , six siècles après sa victoire, la même supériorité sur les Gaulois vaincus et attachés à la glèbe.
Plusieurs nations partageaient avec lesFrancs ' la domination territoriale des Gaules ; les peuples auxquels on donnait le nom de Bretons avaient conservé la teinte la plus prononcée de leur origine ; le pays qu'ils occupaient (l'ancienne Armorique ou Bretagne), toujours couvert d'un ciel brumeux, environné d'une mer
Le père lui fait remarquer qu'avec un tel 91 a ri elle aura ceinture tfor «i àrapt de 90U.
Mais la pucelette respoud :
Jamais ne serai l'amie
A cel vilain por ses (taniers ;
S'il a du blé plein ses greniers ,
Je garderai mon pucelage;
J'aime mieux un chapelet de flors
Que maures mariage, 1 II y en a cependant deux ou trois exemples sous Charlemagne et Louis le Débonnaire. Les comte» d'Anjou descendaient de Tertulle , fils d'un colon de race rustique , ki$i, Cent, Andag.
turbulente , fat long-temps le séjour des vierges fatidiques qui, selon les légendes gauloises» soulevaient et conjuraient les tempêtes \ tout y rappelait les anciennes et mystérieuses croyant ces des nations celtiques; le mont Bêle n était habité par des fées malfaisantes, qui changeaient les navigateurs en animaux immondes, comme la Circé des anciens; on y voyait debout des monceaux de pierre, débris immenses des autels druidiques, où tombaient immolées des victimes humaines; les Bretons n'entraient qu'en tremblant dans la Roche des Fées, la Forêt des Pleurs , ta Caverne des Enfers* que des ballades Contemporaines représentent commedes antres redoutables où nul mortel n'osait pénétrer.
Lorsque ces peuples se convertirent au christianisme , les légendes vinrent se mêler aux traditions druidiques. La Bretagne fat la patrie du fameux roi Àrthus, le fondateur des preux chevaliers de la table ronde ; elle vit naître Lancelot du Lac , le jeune et beau Tristan , la fée Morgane et l'enchanteur Merlin , qui remplit son siècle de ses merveilles , et périt victime des fées bretonnes dans la mystérieuse
i Pompooiu* Mêla. — Lit. £. — Cœsarjrf» Beth Gai tic. lib. vi' — Pline, liy. *6 , chap. a.