‹ Histoire de Philippe-AugusteChapitre 15 sur 248 · LES NORMANDS · texte numérisé non relu

LES NORMANDS

forêt de Brechéliant l . Les Bretons n'avaient pas tous la même origine; quelques-uns étaient de race gauloise , le plus grand nombre descendaient de ces peuples émigrés de l'Angleterre, et qui, refoulés par les Pietés et les Scotts, vinrent se réfugier vers l'extrême pointe de l'Armorique. Peu de nations professaient un si grand amour pour l'indépendance ; les Romains avaient long-temps combattu pour les maintenir dans la soumission aux lois de l'empire ; au septième siècle ils avaient recouvré leur liberté ; les rois ou comtes bretons repoussèrent l'invasion des Francs mérovingiens; ils ne furent domptés que par Gbarlemagne.

On les voit encore se séparer violemment de l'empire sous Gharles-le-Cbauve , et proclamer Nominoé un de leur comte pour roi; à cette époque la Bretagne forma comme une fédération de cité; Vannes, Renne*, Cornouailles t Nantes, composèrent autant de comtésdifférens avec leurs lois et leurs coutumes particulières. Envahis par les Normands, ils secouèrent le

1 Geoffnoi de Montmouth, liv. 5, et Guillaume de Neubrige^ qui ont recueilli une partie de cea fables. ( Warburton , the hittery ofjngl. Pottri. Dwert. 1.)

joug étranger sous Allain III. A l'avènement delà dynastie capétienne, les comtes d'Anjou prenaient le titre de duc de Bretagne; mais à vrai dire cette population turbulente n'obéissait qu'à ses chefs ou comtes particuliers *.

Non loin des peuplades sauvages de la Bretagne s'était établie une nation valeureuse dont l'origine se perdait dans les traditions de la Scandinavie ; au onzième siècle, toutes les imaginations étaient encore remplies des souvenirs de l'invasion des Normands: les légendes contemporaines , les cartulaires des riches abbayes déploraient les ravages de ces enfans du Nord à la blonde chevelure » qui pillaient les châsses des reliques et les vases sacrés. Les Normands originaires de la Norwège et du Danemarck, étaient ces vaillans fils d'Odin, qui, chaque année, abandonnaient leur stérile patrie pour courir les mers du midi. Entassés dans des barques fragiles, ils se confiaient sans crainte aux périls d'une lointaine navigation , sous la conduite de ces vaillans rois de la mer, qui juraient d'ensanglanter les ondes et de fournir une

ample pâture aux corbeaux, afin de ne point subir

i Dom Morice, List, de B;etague. t. 1. p. 60 et suiv.

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