‹ Histoire de Philippe-AugusteChapitre 155 sur 248 · MURMURES DU (CLERGÉ · texte numérisé non relu

MURMURES DU (CLERGÉ

de la bienheureuse Marie, étaient valables; cependant le croisé n'était pas tenu de répondre en justice devant les baillis , à moins qull ne s'agit d'une convention née et accomplie avant la prise de la croix. * »

L'exécution dfe ces deux ordonnances et particulièrement la levée de la dime saladine trouva bientôtdes difficultés infinies. Le clergé, habitué aux douceurs de tous les privilèges, ne pouvait comprendre qu'on ne l'eût point placé dans une exception générale; les riches chapitres, les opulens monastères préféraient aui pieux succès des pèlerins , les petites aisances de la vie, les bons poissons du vivier, lesvirts de leurs fiefs, et les dîmes sur toutes choses.

Le célèbre Pierre de Blois écrivit à cette occasion une longue épitre à l'évêque d'Orléans, a Le temps est venu de parler, disait-il ; si lé roi de ^France et ses barons ont résolu d'aller outre-mer, ce n'est point avec lefc dépouilles des églises et la sfueur du pauvre qu'ils doivent payer les frais de leur pèlerinage. Qu'ils y "emploient les profanes revenus dévorés au milieu des fêtes et des plaisirs. Les richesses des

1 Bigord.hist. Philipp.-Aug. , ad ann. 1188.

LETTRE DE PIERRE DE BLOIS. 2Qj

infidèles compenseront au-delà leurs sacrifices Les Israélites, en quittantl'Egypte, ne dépôuil lèrent £âs leè prêtres du Seigneur; mais ils em portèrent les Vases d'ôr de l'impie Egyptien Quelle raison y a-t>il que ceux-là qui von combattre pour l'Eglise commencent par 1 piller ? Croit - oii que des richesses aini acquises profiteront aux chrétiens ? Les prin ces [ne peuvent rien exiger le l'Église , si c n'est la prière. Lés pontifes et les prêtre sont préposés pour réconcilier les homme avec Dieu. Très-saint évêqùe, oppose-toi don comme un mur d'airain aux exactions qvi le roi veut imposer; pense que tu te couvr râis de mépris si tu souffrais que de telles nu sures allassent à leur fin ; exhorte le foi de 1 voix puissante , afin qu'il né se serve pas d glaive pour opprimer , mais pour protégei Rappelle-lui qu'il est mortel et que cette mai qui menace peut demain se dessécher dans sépulchre.» Ces plaintes ne produisirent qt peu d'effet, et les officiers du roi contimièrei à lever la dîme saladine sur les églises et 1< monastères '.

1 Cette lettre se trouve dans les œuvres de Pierre de Blois, t. J

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