‹ Histoire de Philippe-AugusteChapitre 163 sur 248 · PORTRAIT DE RICHARD · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE RICHARD

bldîîd ardent 4 le teint vif, la stature grande et majestueuse; fie*, emporte < présomptueux, il fat le parfait modèle , non pas de cette chevalerie galante et pieusedïi siècle deCharies VI, niais de cette chevalerie barbare , telle que le ohtÀètne siècle l'avait faite. Plufe impétueux encore datr s ses passions que Philippe, il n'avait jâtftais revécut ni les privilèges dés vassaui, ni les droits encore imparfaits de la société féodale. Oli l'avait vu souvent plarçourir la campagne avec ies hommes d'armés et ses Brâbanckmnais, enlever les femmes et lé* filles des châtelains ; et, aprè6 eu avoir fait sa votante > les livrer à ses amis , à ses compagnons de bataille. Richard' portait le courage juscju'à l'exaltation ; ;il ne donnait son estime qu'à la valent* téméraire. Aux jours de cohibat, on le feconnâi^àit aiix rudes coups qu'il portait , et aux large* blettîtes que taisait sia lance. On ne citait âucùrt éh^valierparmiceu^ de la Guyenne et dé k Normandie > qui pût» lutter de force et de courage avec lui ! c'est pourquoiles barons pt-éfétfàiëtit hii ïaitfé laminage conimte à leur seigneur suzerain , elau prince des. batailles et prouesses. i. . :

AftPlTflAGE DES Éy£QUE$. 3*5

Comme il était iii>po^iJ>)e de songer à secourir J^ Terr€hSittnte 5 tant que les guerres subsisteraient entre deux pi^ssaps souverains de la chrétienté, le pape , préoccupé des malheurs de Jérusalem, venait d'envoyer en France Jean, çardinal-évêque d'Agnani , avec tous les pouvoir» de$ légftU, dans le dessein de concilier les deux roi*. L'évéque d'Agnani eut des entrevues successives avec Philippe et Henri, et parvint a l§s. engager 1 , par de douces paroles, et des menaces , à s'entendre pour la paix ; les deux adversaires promirent de s'en rapporter aux archevêques de Reims, de Rouen, de Bourges et de Cantorbéry; en même temps, ils convinrent de se réunir à la Ferté-Beruard , pour entendre et exécuter la sentence définitive des prélats. jDans une épitrc que l'archevêque de Cantorbéry écrit à son chapitre 4& Londres ,. il annonce qu'il lui est impossible d'aller dans sou archevêché , parce qu'il est très-occupé delà paix entre les deux rois*.

Au jour convenu, on se réunit à la Ferté- Bernard. Philippe et Richard prirent place

\ Roger de Hovcdcn, au»al. aogl. — 2 Raoul de Die et , lipag. kiit. p. 645.

3^6 CONFÉRENCE POUft LA PAIX.

d'un côté, Henri et Jean de Fautrc. Le légat et les quatre archevêques , en leur qualité d'arbitres, se placèrent sur des sièges plus élevés, et qu'entourait la foule des comtes et des chevaliers 1 .

Philippe parla petf : ce Je conseils, pour l'amour de Dieu et de son tombeau, à rendre au roi Henri tout ce que je lui ai pris , pourvu qu'il fasse immédiatement célébrer le mariage de ma sœur Alix avec Richard, et qu'il a*sure dès ce moment à celui-ci la succession à sa couronne. Je demande aussi que Jean accompagne Richard dans la Palestine , autres ment il pourrait troubler la paix du Royaume.

Richard. Cela est vrai !

Henri. Je ne puis consentir à ce que tu demandes; que ta soeur épouse Jean, et je disposerai de mon royaume.

Philippe. Je ne puis adhérer aux conditions , et les trêves sont rompues \

Le légat prit alors la parole , et menaça Philippe démettre son royaume en interdit, et de l'excommunier personnellement s'il refusait de

ï Lechroniq. Gervais , ad ann. 1188 p. i544* — * Rogfcrde Hoved., annal, angl. p. 65a.

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