‹ Histoire de Philippe-AugusteChapitre 164 sur 248 · FUREUR DE RICHARD CONTRE LE LÉGAT. $2J · texte numérisé non relu

FUREUR DE RICHARD CONTRE LE LÉGAT. $2J

consentir à ces conditions. Philippe répondit:

« Je ne crains point tes excommunications, car

elles seraient injustes , et que tu n'as pas ,

d'ailleurs, le droit de les lancer sur le royaume

des Francs. Ta menace sent les sterlings d'Angleterre 1 .

t Le légat. Eh bien • j'excommunie toi et ton complice le comte Richard.

En ehtendant ces mots , le comte met l'épée à la main, et se précipite sur le légat. Toutes les remontrances sont vaines; il dit tout haut qu'il va tuer vin homme assez fou pour excommunier sans motifs deux princes du sang royal.

Ses amis l'entourent et cherchent à le calmer. Pendant ce temps , l'évêque d'Agnani monte sur sa mule, et se sauve en toute hâte * .

1 La guerre, comme on peut le penser, recommença plus vive. « On était arrivé au mois dont le premier jour est consacré par les martyres de Jacques et de Philippe 5 ; à l'époque où la gelée blanche des humides matinées est d'ordinaire plus dangereuse pour les raisins naissans*. Le descendant du grand Charles ras-

i Math., Paris, ad ann. 1188. — 3 /</.— 5 i« mai 1189,— 4 Philtpéid. de Guillaume le Breton , chant 3 et 4-

5a8 LES DEUX ROTS RBPMÏNTfENT LES ARMES.

semble ses troupes à NogenWle-Rotrou, conduit ses bataillons victorieux à la Ferté*Bennard ; et , «'étant empare de vive force du château , Ta tout à coup mettre le siège devant la Tille du Mans, que le roi Henri, appuyé d'innombrables troupes d'hommes de pied, et de cheraliers, occupait en ce moment et tenait fermée ; car il était accouru peu aupararant de Vendôme , afin d'en interdire l'entrée aux Français et k son fils. Lorsqu'il apprit, cependant, que Philippe se présentait devant les portés, il se mit aussitôt à fuir sans oser jeter un regard en arrière : la crainte qui l'agite lui dorme tout à coup des ailes ; il fuit , oubliant sa réputation et sa dignité royale, parcourant vingt milles sans s'arrêter, jusqu'à ce qu'il se soit mis en sûreté derrière les murailles d'Alençon. Bientôt , ayant brisé les portes , l'armée entre dans la Tille du Mans, ainsi abandonnée au pillage. Des charriots à quatre chevaux sont chargés des dépouilles opimes; les bêtes de somme plient sous les effets précieux , les vêtemen» de soie , les vases d'argent, les monnaies d'or, d'un prix inconnus , les ornemens de lit surmontés de riches

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