LA GRANDE TOUR SE &EXD
les circonférences de la ville, tant la frayeur avait saisi les habitans. S étant donc bornés à ferm^ et à barricader les portes , lés citoyens et les hommes d'armes s'étaient enfermés dans la grande tour, pensant ne pouvoir. défendre que ce seul point. S'élançant donc en [foule , nos chevaliers grimpent sur les murailles , montent par les escaliers , ouvrent en dedans les barricades et les portes, et appellent leurs compagnons à se réunir à eux. Enfin , les barons et le roi sont informés de ces événemens; ils s'étonnent et se réjouissent k la fois, et Philippe , rempli d'allégresse , rend des actions de grâces à Dieu qui fait prospérer ses entreprises. Tous ceux qui le veulent ainsi entrent dans la ville ; et aussitôt , sur les ordres du suzerain, on se dirige avec une même ardeur vers la tour. Gilbert, qui la défendait, avait avec lui soixante-dix hommes de cheval et trois cents hommes de pied , dont il était le commandant et le connétable ; voyant qu'il lui serait impossible de résister à tant de forces , il aima mieux , après la ville prise , livrer au roi la citadelle tout, entière , en sauvant tous ses effets ainsi que sa
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personne et celle de ses compagnons , que d'avoir à se rendre enfin à la suite d'un combat et après avoir été vaincu '. »
Lescoiiquêtes succèssivë»de son rival avaient profondément abattu le vieux Henri ; il était alors renfermé dans Saumur , dévoré des plus cuisdns chagrins; il désirait vivement la paix , et ses héraults étaient prêté à partir , lorsque l'archevêque de Reims , le comte de Flandres et le duc de Bourgogne avivèrent de la part de Philippe, qu'occupait plus que jamais l'idée du pèlerinage d'outre-mer. Les deux rois âe réunirent encore iiûe fois , et ils choisirent , pour pdsèf leurs tentes , une vaste plaine entre Tours et Àmboise*. Tandis qu'ils discutaient avec chaleur sur leurs prétentions respectives,ia foudre tombe au milieu des deux rois sans les blesser. Quelques chroniques disent que le temps était serein , et qu'on n'apercevait dans l'air aucun nuage ; quoi qu'il en soit , le roi d'Angleterre en ftit tout troublé, il serait même tombé de son cheval s'il ne s'était retenu avec ses mains. La foudre éclatant ainsi sur la tête de deux rois
i Philipeid. de Guillaume le Breton. — a Math., Paris, p. 107. Hoger , de Hoveden , p. 653.