LES PROVENÇAUX
de Norwège, qui conduisait les flottes Scandinaves au neuvième siècle.
La dernière des populations qui habitait lé territoire de la France était celle des Aquitains ou Provençaux, et sous cette dénomination on n'entendait pas seulement les peuples de la Provence , proprement dite , et delà Guyenne , mais en général tous ceux qui occupaient les terres en deçà de la Loire, distinguée sous le nom de la Langue d'oc; ici ce n'étaient plus ces nations barbares que le nord avait colonisées dans la Neustrie et la Bretagne ; sous le beau ciel du Languedoc et de la Guyenne tout avait pris un aspect de douceur et de galté. La cour des comtes de Saint-Gilles ou de Toulouse, des ducs de Gascogne et de Guyenne , des comtes d' Auvergne de Poitou et de Provence, pleine de troubadours et de nobles dames , offrait l'aspçpt de fêtes perpétuelles , où l'amour , la galté et le plaisir tenaient leur cour plénière. Ces peuples , mieux que les enfans du nord , jouissaient d'un bien être plus général. Héritiers des formes de l'administration romaine et des privilèges des municipes, la plupart des cités avaient leurs magistrats élus, leur
maior ou maire, leurs capUouls et leurs jurats. Les bourgeois.de Toulouse et de Béliers allaient de pair avec les châtelains .ou les chevaliers, et les cités presque républicaines de Marseille sous ses vicomtes, d'Arles sou»
ses podestats et ses évéques, prospéraient k l'ombre «le. leurs libertés antiques; cette indépendance dans les habitude» , l'influence irrésistible d'un beau climat favorisaient Unîtes les licences de l'amour. Peu de dames du PQÎtop ou de la Provence résistaient $ux tendres chansons d'un troubadour ou aux beau* faits d'actes d'un vaillant baron , et ces rapports intimes ne consistaient pas seulement dans cette adoration chevaleresque , dans ce culte épUré décrit par les romanciers , notais dans des sensualités plus réelles, a Rambaud , mon bel ami \ écrit la comtesse » de Die dansun sirvenle adressé au troubadour «Rambaud, comte d'Orange, je souhaiterais que »>ttt vinsses ce soir occuper la place de topp » mari dans mon lit , pourvu que tu sois docile » à mes paroles. » Et cependant la belle comtesse avait mérité de présider la cour d'amour: , et fait unpoëme sur la taras que, tradition pçpu-
i Nostrad. 47« Râynouard , t. m, Millot. t. i, p. 161-174. M8S de la Vaticane 3ao4 et Saoj.