‹ Histoire de Philippe-AugusteChapitre 188 sur 248 · TEMPÊTE QUI MENAGE LA FLOTTE DE FRANGE. 5Ô · texte numérisé non relu

TEMPÊTE QUI MENAGE LA FLOTTE DE FRANGE. 5Ô

voiles pointues longeaient le détroit de Messine, une tempête s'élève tout-à-coup, et les me- , nace ; ils eussent été engloutis sous les ondes , si le prudent pilote n'eût jeté à la mer des chevaux, des grains, des alimenset des tonneaux remplis de vin. « Nul n'essaya de le contredire; chacun, au contraire, s'empressait de précipiter ses effets à l'eau, aimant mieux perdre ce qui lui appartenait que d'abandonner la vie sans recevoir de sépulture, et préférant nourrir les poissons de son bien plutôt que de sa personne; nul ne considérait comme une perte le moyen de retarder même , pour peu de temps , l'heure de sa mort. Les navires ainsi déchargés , déjà l'on avait dépassé le milieu de la nuit, la tempête durait avec la même violence ; l'aspect effrayant de l'atmosphère faisait désespérer du salut de l'armée de France ; le tonnerre, les nuages et d'épaisses ténèbres cachaient la vue des astres ; de fréquens éclairs venaient seuls éclairer l'horizon , et porter l'effroi dans tous les cœurs. Alors le roi, dé ployant la force de son âme , consola par ces paroles ceux qui étaient ainsi frappés de stupeur : « Que toutes vos craintes cessent; voici

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