IV LETTRE A M. DE BARANTE
malgré l'incapacité et la faiblesse des successeurs de Louis XI, elle résiste aux efforts combinés de la puissance expirante des vassaux , et du catholicisme jetant ses dernières violences avec la Ligue, A la fin du règne de Louis XIV, s'arrête cette marche ascendante du pouvoir absolu.
Les temps antérieurs au douzième siècle ne se rattachent que très faiblement à note institutions publiques et à la civilisation actuelle ; quelle origine certaine rechercher dans le chaos de la première race, où tout s'essaie sans ordre, où tout se produit pêle-mêle ! Cette époque est séparée de nous par trop de révolutions, pour exciter d'autre intérêt que celui du spectacle animé de la conquête, du partage du sol , de ces luttes de populations, qui rendent seuls dramatique la période des Mérovingiens.
sur l'histoire de frange.
La domination de la race austrasienne, brillante sous Cbarlemagne , s' affaiblissant successivement jusqu'à l'élévation de Hugues-Capet , sorte de triomphe de la famille du sol, est une transition et un passage; peu de choses sont restées de cet empire réuni par la violence et le génie, et se morcelant, comme par un mouvement naturel de ces nations un moment domptées , et revenant se placer d'elles-mêmes sous l'empire de leurs habitudes. On ne peut donc trouver une. marche progressive et ascendante dans nos institutions et nos coutumes qu'à partir da douzième- siècle ; l'histoire de France offre alors comme le développement successif d'un système , souvent secondé par le hasard, arrêté dans sou essor par des hommes ou des événemens, mais conservant t^ne sorte
Vj LETTRE A Jtf . DE BARANTE
d'unité d'action depuis 6Qn Qrigiue jusqu'à la révolution français , et , au temps actuel 9 transaction entre tous les intérêts en lutte.
Je considère le douzième et le treizième siècles comme l'époque la plus impor-r typtç et fc plus dramatique de notre histoire , «on seulement parce qu'elle offre les scènes animées des tournois et de chevalerie * mais parce quç j'y trouve encore l'origine &ç presque tontes nos fran^ chines publiques et de nos libertés locales.
C'e$t à cette époque que se montre avec énergie le mouvement communal, ce réveil de la bourgeoisie, conquérant ses privilèges s>ur la répugnance hautaine des barons çt des abbés j la régularisation d'un ordre politique qt législatif par l'intervention nécessaire d'une cour des pairs dai)6 tout acte important de la vie sociale ;
sur l'histoire dm franco. •vij
la reconnaissance . dfes privilèges poptt^ laires pour le yotè libre de lïïrapôty Métà* blis&eoieritd'iinTëgimesystématique'clanR la hiérarchie judiciaire par la création des -sénéchaussées, des bailliages royaux^ ou des: échiquiers , cour d'appel de la, ju^ ridictièn des seigneuries féodales ;j rumité territoriale préparée pal* :1a conquête et lai confiscation defc fiefs = anglais ; enfin;* : lé principe d'une armée permanente i cônsacré comme une habitude dams : les: Ion-* gués guerres de Henri II, de Riohard^ Cceur-dé-Lion fet de Jean * sans ^Teiwei avec Philippe- Auguste. ' j ' } « ;ji
Et tous ces grandi' résultats s' opérant au milieu des pittortesques tableaux /dui moyen âge , des croisades en Palestine ^ de la fondation de l'empire franc àCons+ tanfinopîe i de la coàquète . <ie- la JNort*) mandie , de l'Anjou et. du Poitou 9 ; de lâu