‹ Histoire de Philippe-AugusteChapitre 20 sur 248 · RAPPROCHEMENT DES POPULATIONS. <Q · texte numérisé non relu

RAPPROCHEMENT DES POPULATIONS. <Q

de chevalerie, et servit , par conséquent , à préparer la grande «non des mœurs nationales.

En même temps, les alliancesentre les di ver* ses familles de princes et des vassaux, durent contribuer ausmèmesrésultats. Depuis le commencement du onzième siècle toutes ces fie milles étaient comme en perpétuelles communications par les mariages» Les rois de France en avaient les premiers donné l'exepiple, de» pais Robert, fils de Hugnes-Capet. Ce prince épousa Constance d'Aquitaine qui n'était point de la race des Francs v ; un tel mariage fit une sorte de révolution. Les vieux barons et le clergé repoussèrent comme une dépravation dangereuse, cette civilisation nouvelle qui leur venait delà terre de Provence. Le moineGlaber , qui s'est rendu l'interprète de leur plainte , déplore les tristes effets que produisit sur les ha* bitudes générales des Francs, la présence de Constance à la cour dur roi Robert, « Quand le roi Robert eut épousé Constance, princesse d' Aquitaine, la faveur de la reipeoùvrit l'entrée delà France et de la Bourgogne aux enfans de r Auvergne, de l'Aquitaine et de la Provence.

« £o l'année 998, Ukronique de Batxil Gitbtv, Kr. 5.

Ces hommes vains et légers laissaient paraître la corruption de leurs moeurs, même dans leurs costumes. Leurs cheveux ne descendaient qu'à demi- té te, comme s'ils n'avaient pas joui de la liberté; ils se rasaient la barbe comme des histrions; portaient des cottes et des chaussures indécentes. Cette nation des Francs autrefois la plus honnête, et les peuples même de la Bourgogne suivirent aVidement ces exemples, et bientôt ils ne retracèrent que trop fidèlement tous les vices de leur modèle; si quelque religieux, si quelque vieux baron venait à blâmer une telle conduite , on ' traitait son zèle de folie ; cependant Guillaume, abbé de Saint-Bénigne de Dijon, reprocha vivement au roi et à la reine de tolérer tous ces scandales. Ce saint abbé croyait reconnaître dans toutes ce» innovations, le doigt de Satan, et il assurait qu'ira homme qui mourait sans avoir dépouillé cette livrée du démon, ne pourrait guère se délivrer ensuite des tourmens de l'enfer. Cependant ces usages prévalurent chez beaucoup, et c'est contre eux que j'ai dirigé quelques sentences que je rapporte ici :

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