SALADIN VEUT PRENDRE LES FRANCS A SA SOLDE
de Saladin un message ainsi .conçu : « S rois de France et' d'Angleterre veulent suivre pour combattre mon frère Nora-ei et son fils , le seigneur d' Alep , qui se emparés de mes terres au-delà de l'Euphi s'ils veulent ainsi demeurer loyalement à service , je leur rendrai la cité de Jérusal la sainte croix et toutes les terres que ne les miens nous avons prises depuis la cap de Guy de Lusignan. Que si les rois ne pei me suivre en personne , qu'ils me doni aux mêmes conditions , dix mille chev i , et cinq mille servans pour une année ; je ] i gage à leur payer , comme solde , quar i six bisantins par mois. Si l'un d'eux vi mourir, je m'oblige à rendre aux Francs, valier pour chevalier, et si l'un d'eux t i en captivité , de le racheter de mes dénie Ce message bizarre, dont aucun témoin
i Ce fait si curieux , rapporté par le chroniqueur Benoît ] : rough, mérite d'être justifié en entier. Voici le texte : aSi reg 1 i eiae et Angliae voluerint mecum ire ad debellandum dominun ! fratrem Noradini et Sanguinum ( Zenghi), filium ejusdem I : filii S.inguini (Zenghi) de Haie]) , qui totam terra m mearr ! ultra Euphratem ceperunt , devicto et expulso Thekedino a i meo, et si voluerint in meo servitio per omnem annnm d< : ego reddam eis civitatem Jérusalem et sanctam crucem e i
4l6 LES CAMPS DEVANT PTOLÉMAÏS.
laire ne fait mention, est dénué de toute vraisemblance; il est peu probable qu'au moment où une guerre sacrée échauffait le fanatisme de deux peuples en armes , Saladin conçût l'idée de s'associer les chevaliers chrétiens pour réprimer une révolte peu importante , que les historiens arabes indiquent à peine. Le moine anglais qui rapporte cette circonstance , l'a sans doute recueillie comme une de ces rumeurs qui flattaient la crédulité vaniteuse des manoirs d'occident.
Le camp des pèlerins devant Ptolémaïs ressemblait à un vaste basar , où s'étaient réunies toutes les nations de l'Europe. La mi* sère , qui menaçait même les plus puissans , ne les empêchait pas de se livrer aux joyeuses dissipations, et plus d'un d'entre eux aliéna, devant Acre, ses fiefs de France, d'Angleterre et de Normandie '. Malgré les défenses
terras, et civitates et castella et munitiones quos ego et mei cepi m us post captionem Guidonis régis et etiam ante captionem per quinquenium. Et si reges i li non volunt vel non possunt mecum ire, tradant mihi de exercitu suo duo millra militum et quinque m il lia sementium equitnm bene armatum ad serv.endum mihi perunum annura , etc. Bknoit Pbtkbbobocgh , ann. 1191.
1 Recueil des Chartes de IM.Brequigoi, t. v, An. 1190— 1193*
RIBAUDS ET FOLLES FILfcES. 4 ! 7
dés conciles , les rois et les barons avaient amené dans la Palestine leurs chiens de chasse et leurs faucons , pour se livrer à de nobles divertissemens. *
Le camp était rempli de ribauds et de folles filles; une troupe de trois cents pucelles de bordelage* ayant leur reine à leur tête, comme les ribauds avaient leur roi , vinrent s'établir sous les tentes des pèlerins ; elles y gagnèrent bien des besans d'or; et les plus jeunes comme les plus vieux chevaliers passaient avec elles les instans qu'ils ne donnaient pas aux batailles.
Malgré la généreuse résolution de Maschtoub , les Sarrasins s'aperçurent bientôt qu'il leur était impossible de défendre Ptolémaïs.
L'émir vint de nouveau dans le camp pour traiter avec les Francs ; il fat reçu avec quelque dureté, et l'on convint,, après bien des pourparlers , que les habitans et la garnison sortiraient en toute liberté avec leurs biens, moyennant deux cent mille pièces d'or, et en outre que l'on rendrait aux rois deux mille cinq cent soixante Chrétiens captifs , dont cinq cents au moins du rang de chevaliers. Deux mille pièces d'or devaient en outre être