TOME I
5o LES BOURGEOIS.
c'était le i5 octobre n65; les bourgeois se rendent au plaid, dans l'église de Sainte-Madelaine, cachant des poignards sous leurs vêtemens; lorsque le vicomte monta sur son tribunal, ils s'écrièrent : a Voici un de nos hommes qui a été déshonoré; voulez- vous réparer le mal?» — Le vicomte : « Je rendrai justice en ma cour selon la coutume. » — Les bourgeois:
« Notre honneur blessé ne peut se contenter d'une telle réparation; il ne peut se laver que dans ton sang. » À ces mots ils se précipitent sur le vicomte au milieu de l'église, le frappent de mort , ainsi que les barons et les chevaliers qui l'accompagnent ; l'évèque veut tenter d'arrêter cette troupe furieuse, mais ses efforts sont vains ; un des bourgeois lui donne un coup de poing dans la figure et lui casse trois dents; les autels furent couverts de sang et de dépouilles, et les bourgeois revinrent en triomphe à Beziers l . Le troubadour Ogier, de Vienne, seigneur de Doucet, a déploré ce triste événement dans un de ses sirventes : ce J'ai dans le cœur une grande affliction; je ne pourrai de ma vie assez pleurer le courtois et joyeux vi-
i P. Vaissete , Hstoire du Languedoc , t. a, livre 19.