‹ Histoire de Philippe-AugusteChapitre 26 sur 248 · LES COMMUNES · texte numérisé non relu

LES COMMUNES

comte de Beziers ; jamais Dieu ne reçut un si grand outrage que celui que lui ont fait ces bourgeois renégats qui ont porté la main sur leur seigneur. Il est donc mort! où pourronsnous aller désormais avec nos gaies chansons ; car mille chevaliers de haut lignage, autant de dames et demoiselles en seront désolées. Oh ! monseigneur le vicomte, que Dieu vous reçoive en sa bonté sainte * ! »

Les moyens employés par les cités pour obtenir leurs franchises municipales, lurent divers comme leur situation ; partout se manifestait le même besoin de liberté , mais la puissance , le caractère du seigneur , ne permettaient pas que l'indépendance descendît toujours d'une source. unique. Quelquefois elle fut la suite d'un mouvement séditieux de la population, brisant violemment ses chaînes, et constituant elle-même ses magistrats ; quelquefois la cité profitait des besoins de son baron pour acheter sa charte de liberté et de commune ; rarement elle le dût à la générosité pure et simpledesseigneursetdesévéques ; maisdequel* que manière qu'elle les obtînt , ces privilèges

i MSS. Saint-Palaye, Util, t. i. p. 343.

Page 1