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barons du moyen âge. On racontait qu'il avait fait renfermer dans les cachots humides de son château de Crecy , des marchands et des voyageurs, et que ses hommes d'armes s'emparaient sans pitié de nobles dames et des damoiselles. LesiredeCoucy leur promit sa protection, mais seulement dans son château , la ville de Laon étant incapable de se défendre. Les bourgeois abandonnèrent en pleurant la cité qui fut saccagée par les troupes du roi Louis VI , tandis que les terres du sire de Coucy étaient envahies par les barons de France ; une sévérité cruelle suivit la victoire , plus de trois cents bourgeois furent pendus. Mais telle était la persévérance de ces populations pour leurs libertés municipales, que seize ans après le meurtre de l'évêque Gaudri, nous voyons les bourgeois de Laon obtenir une nouvelle charte de commune sous le titre d' Institut io Paci; elle ne fut cependant confirmée que sous le règne de Philippe- Auguste.
Il a suffi de voir sous quel aspect menaçant, se présentait ce premier mouvement de liberté et de commune, pour comprendre qu'il ne dut point être favorisé par les barons et le clergé alors en possession du pouvoir et des revenus
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dans la plupart des villes. Les rois eux-mêmes , du moins dans les premiers temps et pour les cités de leur domaine, ne favorisèrent pas ce nouveau système , qui tendait à substi~ tuer un mode fixe de lever les tailles et d administrer, au régime si commode des aides à volonté imposables au manant ou au serf du corps et de la glèbe. « Commune , est un mot nouveau et détestable ; car voici ce qu'on entend : Les gens taillables ne payent plus qu'une fois l'an , à leur seigneur , la redevance qu'ils lui doivent ; s'ils commettent quelques délits , ils en sont quittes pour une amende fixée, et quant aux levées d'argent qu'on a coutume d'infliger aux serfs, ils en sont entièrement exempts \ » On sent en effet ce que pouvait avoir de détestable , pour les .seigneurs, ce régime nouveau qui allait remplacer la levée arbitraire des tailles; c'est pourquoi le roi, Louis VII, prit des mesures de rigueur contre les bourgeois d'Orléans , « parce que ces » musards pour raison de la commune fesaient » mine de se rebeller et dresser contre la cou* » ronne. »
i L'abbé Guibert, ehroniq. (Script, rer.franric. t. m, p a55).