RÉGIME MILITAIRE
avaient une juridiction civile et quelquefois criminelle sur les délits commis dans l'enceinte des remparts; eux seuls faisaient la police, sauf les cas royaux et de déloyauté qui devaient se porter à une cour supérieure \
Si l'organisation des communes portait le germe d'un grand changement politique , l'institution d'une force stipendiée devait avoir encore de plus graves conséquences. On a vu que tous les services militaires étaient attachés à la possession des fiefe, résultat delà conquête. La force publique se hait ainsi à l'ensemble du système féodal; la terre créait la puissance guerrière, comme elle était le fondement de l'autorité politique. Cependant , limité pour le temps et pour le lieu, ce service militaire ne" pouvait servir l'ambition des princes. Dès.l'instant qu'ils entreprirent d'agrandir leur domaine et de faire des guerres importantes , il fallut chercher des auxiliaires dans d'autres rangs que parmi les barons. C'est à cette époque qu'il faut donc reporter l'origine de ces grandes compagnies connues sous le nom de
i Recueil des ordonnances du Lqiivrc, t. 11 et 12 avec les Préfaces de Ikéquigny.
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Routiers, Cotteraux, Brabançon, qui se mettaient à la solde des princes et servaient leur dessein tant qu'ils en recevaient un salaire; ces compagnies étaient composées de Flamands, d'Italiens, de Français même, qui cherchaient dans ces associationsunmoyen de protégerleurs pilleries et leurs excès* Tant qu'ils ne les commettaient que sur le territoire etmemi f leurs brigandage* se confondaient avec les tristes désordres des guerres privées; mais lorsque, l'invasion étant finie , les rois ou les barons cessaient de les solder, les Routiers, Gottereaux et Brabançois parcouraient les provinces indistinctement et se livraient à toute espèce de crimes 1 ^ Il est à croire aussi que les serfs et les malheureux qui gémissaient sous la glèbe du Seigneur, venaient grossir cette multitude armée, et compagnons de quelque nouveau Spartacus ., menaçaient les castels et les monastères, comme les esclaves de Rome avaient autrefois menacé les palais des sénateurs et leCapitole. « Ces pillards larrons, infâmes excommuniés; grande doleur fesoit , car ils ardoient les monastères et les églises, et trénoient après eux,
i Ducange, v» Aoutêr-et Cotterauœ.