Ô RÉVOLTE DES VASSAUX
voyer ses chevaliers pour s'en emparer. H sollicita même l'empereur Frédéric de faire la guerre au noble roi des Français, parce que, dans l'impuissance où le jeune prince paraissait être de se défendre , il serait facile de le dompter , et par conséquent de reculer les bornes de l'empire jusqu'à la mer britannique. C'est ainsi que ce comte n'eut aucun égard pour l'âge de son seigneur, et ne respecta pas le serment qu'il avait solennellement prêté en présence de Louis VII» de protéger Philippe conformément aux bonnes lois de royaume \ »
Lorsqu'il y a irritation 1 dans les esprits et que l'opinion se prononce pour la guerre, les prétextes ne manquent jamais. Le comte deSancerre s'était emparé du château de St.-Brice , sur l'un des vassaux du roi de France. Au lieu d'en faire hommage au suzerain naturel, il se déclara, par rapport à ce fief, dans les mouvances des comtes de Flandres. Delà naquit un premier sujet de querelle. Le comte de Flandres, àson tour faisait valoir des prétentions de suzeraineté sur le château de Pierrefont, sur les terres de l'évéque d'Amiens et de Raoul de
i Raoul de Dicet. Imag. Hktor. , ad ann. 1181 r p. 61a.
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Coucy. On tenta d'abord de négocier, mais tous les efforts furent inutiles; les messagers convoquèrent les vassaux, et de toute part Ton se prépara à la guerre *.
Le bruit qu'avait répandu le comte de Flandres sur les intentions du roi de raser les tours fortifiées de ses barons, l'espérance de reconquérir toute leur indépendance politique, de réduire enfin l'autorité royale à cette souveraineté nominale que Louis-le-Gros et son successeur avaient tenté d'agrandir, portèrent presque tous les vassaux du royaume à prendre le parti du comte de Flandres. On comptait en effet sous ses bannières le duc de Bourgogne, le comte de Sanoerre , le comte de Namur , et tous les feudataires dont les terres relevaient de ces grands fiefs \ Cette ligue était formidable , et le jeune Philippe s'en plaignant au souverain pontife, s'écriait plein de douleur : a les barons de notre royaume nous attaquent pendant notre jeunesse et troublent les premiers jours de notre règne. Ceux qui, par tant de motifs devraient nous rester fidèles, se sont soulevés
i Guillaume-le-Bieton , Fbilipeidoa , liv. I. — a Chronic. du prieur du Vigeois, p. a , cap. I. ( Labbe Bibl. MSS., T. i,p. 35.)