IZ|2 PRISE DE CHATILLON
» Cependant ces précautions sont inutiles:
déjà Mariasse - le - Mauvoisin ( le mauvais voisin ) et Guillaume des Barres sont montés sur les échelles, et, déployant toute leur valeur, parviennent au sommet de la muraille; les Bourguignons sont effrayés à cet aspect et vont se renfermer dans la tour la plus élevée, abandonnant toutes les richesses qu'enferme la très-opulente enceinte et que le roi livre bientôt à ses chevaliers et à ses satellites, digne récompense de leur valeur ; il ne se réserve pour les droits de son fisc, que le corps même de tous les prisonniers ; bientôt et plus promptement qu'on ne l'avait espéré, la tour fiit renversée, car «écroulant tout-àcoup par les efforts des mineurs, elle ouvrit im large passage aux chevaliers de France et d'Angleterre qui plantèrent leur bannière sur ses ruines 1 . »
La prise de Chatillon, l'impétuosité du roi de France, décidèrent la soumission du duc de Bourgogne; il confessa combien il était coupable envers son seigneur et déclara devant lui qu'il avait failli, puis fléchissant le genou,
i Guillaume-le -Breton, Philipeidos, liv. I.
ENTREVUE DU ROI ET BU COMTE DE FLANDRES, ifô
il sollicita la peine des coupables. Le roi l'admit à son amitié, lui rendit ses terres et son noble château.
De tous les barons qui avaient pris les armes contre leur jeune suzerain , il ne restait plus que le comte de Flandres qui demeurât dans le ferme dessein de faire la guerre. Tous les autres avaient suivi l'exemple des comtes de Sancerre'et du duc de Bourgogne. Le comte de Flandres était à lui seul plus puissant et plus redoutable que tous les autres vassaux domptés. Aussi le roi se bornait-il pour éviter la guerre à lui demander le retour à la couronne de quelques villes du Vermandois que Philippe occupait depuis sa retraite de la cour de son suzerain.
Le roi disait : «noble comte, restitue à mon domaine la province de Vermandois qui lui appartient en propre. »
« Ton père m'a donné ce pays , répondait le comte, et toi-même, tu as confirmé ce don de ton sceau royal; ne cherche donc pas à troubler la paix du royaume, afin que ceux qui sont tes fidèles, ne deviennent pas tes ennemis. »