LE ROI MARCHE CONTRE LE NNEMK
temps aux chevaliers de France de se réunir pour porter du secours à Corbie. Le comte de Flandres laissant alors une partie de ses hommes devant cette cité pour en continuer le siège , se jeta dans les terres de France. Ses vassaux brûlèrent sans pitié les châteaux et les monastères. Le comte Albéric , seigneur de Dammartin, fut surpris par les hommes de la commune de Gand, tandis qu'il mangeait une hure de sapglier ; il n'eut que le temps de se sauver par une poterne.
Le comte de Flandres était occupé du siège de Béthisy , lorsque Philippe se décida , d'après l'avis de ses barons, à marcher en personne contre lui. Les Flamands à son approche se retirèrent par la forêt de Cuise , et les bourgeois , légèrement armés , échappèrent à la pesante poursuite des chevaliers bardés de fer. Le comte faisant bientôt une pointe en avant, vint assiéger Choisi-du-Bac ; mais il se hâta de faire une prompte retraite en apprenant que le suzerain s'approchait pour le combattre.
« Le roi s'afflige alors de ce que le comte lui soit ainsi échappé; il ne peut contenir dans le fond de son cœur le mouvement de la colère. La
ï5o RETRAITE DU COMTE DE FLANDRES.
rougeur qui lui monte au visage trahit la vive indignation de son ame. Telle dans les forêts de la Lybie une jeune lionne à la gueule écumante, aux, griffes redoutables et aux dents crochues , quel'épieu du chasseur a par hasard frappée à l'épaule et légèrement blessée, hérisse sa crinière, et s'élance sur son ennemi, qui voudrait bien en ce moment ne l'avoir pas atteinte; elle ne prend plus ni délai ni repos jusqu'à ce qu'elle ait dévoré l'imprudent chasseur, à moins que celui-ci, dans sa sagesse, en lui présentant continuellement la pointe de son arme , en opposant un bouclierà ses griffée, ne poursuive ainsi sa marche rétrograde et ne parvienne enfin à se retirer dans un lieu où l'animal ne puisse l'attaquer. Tel le roi enfant se passionne de foreur contre le comte de Flandres , et le poursuit d'une course rapide en cherchant la trace de ses pas l . »
Les chevaliers de France» leur jeune suzerain à leur tête, s'avancèrent ainsi jusques sur sur les frontières de Flandres; mais l'attitude des formidables cités qui protégeaient les terres du comte arrêta l'impétueux courage des ba-
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